Nous sommes en période de soldes et la plupart des boutiques des Grands Prés ferment une heure plus tôt. Tiré de son contexte, ce constat pourrait surprendre. Mais en pleine crise sanitaire, il trouve plusieurs explications.

Pour rappel, la période des soldes a été prolongée jusqu'au 15 février. Dans le contre commercial montois, le bilan du premier mois écoulé n'est pas florissant. Et la situation ne devrait pas s'arranger avec la fermeture partielle des frontières. "Très clairement, ce premier mois de soldes était moyen", commente Thomas Cornil, directeur des Grands Prés. "La fréquentation a chuté de 30% par rapport à l'année dernière. La fermeture des frontières devrait aussi avoir un impact que nous pourrons réellement mesurer le week-end. En semaine, les clients français sont plus rares. Mais le samedi, ils représentent quelque 20% de la clientèle, voire 30% pour Ikea."

Le centre commercial a donc laissé la possibilité à ses magasins de fermer à 19h plutôt qu'à 20h. En cette période morose, les salaires doivent être les plus rentables possibles. Or, laisser des vendeurs au poste alors que les galeries sont désertes ne relève pas du bon calcul. "Pour vous donner une idée, entre le 15 décembre et le 15 janvier, la fréquentation ne représentait que 2% entre 19h et 20h", poursuit Thomas Cornil. "Le centre commercial, le Carrefour et Ikea restent bien ouverts jusqu'à 20h, mais nous avons laissé la possibilité aux magasins de fermer une heure plus tôt et la mesure a été adoptée par environ 85% d'entre eux."

Preuve que malgré le déconfinement des commerces non essentiels, la reprise connait quelques difficultés. Les règles sanitaires sont toujours de vigueur, même si toutes ne sont pas faciles à faire respecter.

On se souvient en effet que lors de la réouverture, les Grands Prés avaient toutes les peines à faire respecter la règle du shopping en solitaire. La situation ne s'est pas vraiment améliorée depuis. "Nous avions fait un gros effort pour faire respecter cette règle lors des fêtes de fin d'année, car les risques étaient plus grands avec une plus forte fréquentation. Mais aujourd'hui, ça reste compliqué. Et c'est pareil dans tous les centres commerciaux. Ceux qui viennent faire leurs courses tout seuls sont très rares. On sent que les gens n'adhèrent plus. Ça fait réfléchir évidemment et ça pose question sur ces lois qui ont été décidées sans concerter les instances des centres commerciaux. Exiger l'impossible et faire semblant que ça fonctionne, c'est un peu facile. Idéalement, il faudrait un plus juste équilibre et revenir à la règle qui était en vigueur auparavant: on peut venir en couple dans les centres commerciaux, mais une seule personne par boutique."