Aurélie et son compagnon attendent un heureux événement. Mais leur situation est loin d'être idéale. Depuis un an, le couple survit sous une tente à Mons.

"Nous louions un studio à Mons, mais notre propriétaire n'a pas voulu reconduire le bail. Nous n'étions pas trop au courant de nos droits. La concierge nous a dit que nous devions rendre les clés sinon elle allait appeler la police. Dans les semaines qui ont suivi, nous avons pris nos affaires et nous nous sommes retrouvés à la rue. En plein confinement, nous n'avons pas pu retrouver un logement et nous vivons donc dans une tente", confie Aurélie.

Une tente dans laquelle le couple a connu l'hiver, gel et neige compris, alors qu'Aurélie a appris qu'elle était enceinte. "Je pense que je n'ai pas tout de suite voulu le réaliser. Mais quand l'enfant s'est mis à bouger, j'ai dû me rendre à l'évidence", explique celle qui attend son quatrième enfant.

La Montoise est en contact régulier avec les travailleurs sociaux de l'Escale, l'abri de jour pour SDF du CPAS. Une permanence de Médecins du Monde assure un suivi médical. Le bébé semble en bonne santé, mais Aurélie souhaite pouvoir accoucher dans des conditions plus convenables. "Le CPAS m'a proposé une place dans un foyer non mixte. Mais je ne veux pas être séparé de mon compagnon, ce n'est pas possible", se désole Aurélie.

Association venant en aide aux démunis, les Anges de Mons ont lancé un appel sur les réseaux sociaux. "Nous avons eu beaucoup de propositions de vêtements et de matériel pour bébés. Les Montois ont un grand cœur", se réjouit Mohamed Aftouh des Anges de Mons. "Nous avons aussi eu quelques propositions de logement à des loyers pas trop chers, mais ça reste compliqué. Ce qu'il faudrait surtout, c'est que ce genre de situation ne se reproduise pas. Il y a un an et demi, une autre dame s'était retrouvée à la rue alors qu'elle était enceinte de six mois. Une solution avait pu être trouvée. J'espère que les choses vont bouger aussi pour Aurélie, mais il faut surtout des solutions structurelles pour éviter de tels drames."

L'appel des Anges de Mons a été massivement relayé sur les réseaux sociaux. Et a suscité une vague d'interrogations, voire d'indignations. Comment une femme enceinte de six mois peut-elle passer entre les mailles de filets et se retrouver à la rue, à Mons, en 2021? Le CPAS a réagi en expliquant que cette famille était bien connue de ses services et faisait l'objet d'un suivi important. Mais les difficultés semblent nombreuses et indépendantes du centre d'action sociale. "Nous ne pouvons pas rentrer dans les détails qui relèvent de la vie privée. Mais il y a déjà eu plusieurs tentatives de prise en charge pour loger cette famille qui n'ont malheureusement pas abouti. C'est une situation très compliquée", reconnait Marie Meunier, présidente du CPAS.

Mohamed Aftouh explique de son côté qu'Aurélie a certes eu des problèmes dans sa vie, mais qu'elle souhaitait prendre un nouveau départ avec l'arrivée de ce bébé. "Sans logement, c'est tout de même difficile", conclut le responsable des Anges de Mons.