Déjà bien présents au nord du pays, les radars tronçons commencent à fleurir un peu partout en Wallonie, que ce soit sur les autoroutes ou les autres réseaux. Dans la région, plusieurs nouveaux appareils sont entrés en fonction depuis le 1er septembre. C'est le cas notamment sur l'E42, dans les deux sens de circulation, entre Mons et Saint-Ghislain et entre Mons et Le Roeulx.

Pour l'heure, la présence de ces nouveaux radars n'est pas toujours indiquée. Mais ce n'est pas une raison pour éviter de lever le pied. D'ailleurs, les chauffards qui voudraient contester un PV en s'appuyant sur l'absence de signalisation risquent de se retrouver le bec dans l'eau. "Il n'y a aucune obligation de signaler la présence d'un radar à l'usager", confirme l'avocat Christophe Redko, spécialiste en droit routier. "Ça vaut d'ailleurs pour tous les types de radars, que ce soit les fixes, les mobiles ou maintenant, ces radars tronçons."

Le Louviérois s'est taillé une solide réputation, notamment pour ses capacités à faire sauter des PV. Christophe Redko a l'art de trouver la faille qui passe sous… les radars! Jusqu'à présent, il n'a pas été fort sollicité pour ces nouveaux appareils qui scannent la plaque d'un usager entre un point A et B pour calculer la vitesse moyenne du conducteur. "Je n'ai pas eu énormément de dossiers pour des radars tronçons qui ne sont pas encore très répandus dans mon fief", explique le Louviérois.

La situation va sans doute changer, car les radars tronçons se multiplient chez nous. Et déjà, l'avocat voit une possible faille dans le dispositif. "Les radars tronçons ne permettent de déterminer le moment T de l'infraction. Si ma vitesse est contrôlée sur une douzaine de kilomètres entre un point A et B sur l'autoroute, je peux faire du 70 km/h puis du 180. Il y aura un PV si au bout du compte, j'ai dépassé la vitesse moyenne pour traverser le tronçon. Mais on ne pourra pas dire précisément où ni à quel moment l'infraction a été commise. C'est une question à creuser pour voir si la contestation est possible à ce niveau-là. Si c'est le cas, il faudra sans doute affiner les textes législatifs."

Si la faille se confirme, une adaptation de la loi sera nécessaire, car à n'en pas douter, les radars tronçons ont de beaux jours devant eux. Interrogée récemment par la députée Jacqueline Galant, la ministre De Bue soulignait les résultats efficaces des radars tronçons. "Sur les sections de routes contrôlées par les radars tronçons, les accidents corporels diminuent en moyenne de 30 % et les accidents avec tué ou blessé grave de plus de 50 %. Cette réduction des accidents est plus importante que pour les radars fixes. Certaines études montrent aussi que les radars tronçons peuvent aussi induire des diminutions d’accidents au-delà des zones où la vitesse est contrôlée", a indiqué la ministre en se basant sur des études internationales. Les observations effectuées en Belgique ne jouissent pas encore d'assez de recul pour évaluer l'impact des radars tronçons sur les accidents, mais indiquent déjà un effet positif sur la réduction de la vitesse.