Des grandes entreprises commencent à fermer, d'autres prennent des mesures adéquates. Mais pour les PME…

Le président de la FBTG, Robert Verteneuil, poussait un coup de gueule mercredi matin pour dénoncer la situation de trop nombreux travailleurs exposés au risque de coronavirus. Soit parce qu'on les fait travailler inutilement dans des secteurs qui ne sont pas essentiels, soit parce que les directions ne prennent pas toutes les mesures nécessaires.

Dans la région de Mons-Borinage, la situation est très variable selon le secrétaire régional de la FGTB. "Ça varie en fonction des entreprises", explique Frédéric Michel. "Des entreprises commencent à se mettre à l'arrêt comme NGK ou Bridgetstone. La production se termine dans le cadre des mesures de sécurité. C'est une tendance qui se dessine pour pas mal de grandes entreprises."

Des fermetures décidées par les directions ou mises en place sous la pression des travailleurs? "Les craintes des travailleurs sont là, mais les décisions sont prises de manière concertée avec des discussions en interne", poursuit Frédéric Michel. "Nous verrons quelles nouvelles mesures le gouvernement prendra dans les prochains jours et si elles précisent mieux les activités qui doivent se poursuivre ou pas. Mais plusieurs entreprises ferment aussi parce que l'activité ralentit."

Le syndicaliste s'inquiète surtout pour les PME. "Dans les grandes entreprises de la région Mons-Borinage, la situation est moins inquiétante. Nous avons des délégations sur place, des mesures ont été prises, notamment pour changer les horaires et limiter les contacts. Il y a aussi des procédures de désinfection systématiques. En revanche, dans les PME, nous n'avons aucune vue sur ce qui se passe et il manque de mécanismes de contrôle. Nous avons quelques témoignages de travailleurs inquiets qui se mettent à l'arrêt par peur. Il y a encore trop d'imprécisions, c'est au cas par cas. C'est pourquoi nous demandons des mesures par secteur. C'est tout un travail que nous avons fait notamment pour les coiffeurs et les titres-services. Dans la construction aussi, nous nous dirigeons vers un arrêt. Mais il y a encore beaucoup de PME où nous ne pouvons pas savoir ce qui se passe et si les mesures de sécurité sont bien respectées. C'est ce qui m'inquiète le plus dans la région pour le moment."