À quelques mois d'intervalle, le directeur général et le rédacteur en chef de Télé MB ont été écartés. Signe que la télévision locale traverse des difficultés pour le MR de Mons-Borinage qui réclame un audit de la télévision locale. Les réformateurs expliquent vouloir mener le débat de manière transparente et en pleine connaissance de cause "avant qu'il ne soit trop tard".

Ce ne serait pas une première pour Télé MB. Le MR rappelle ainsi que l'exercice avait déjà été effectué en 2015. Mais les résultats ne sont manifestement pas au rendez-vous. "En 2015 déjà, la situation financière de Télé MB nous faisait craindre le pire. Après un audit, les communes avaient alors décidé de mettre la main au portefeuille afin d’aider la chaîne locale à survivre. La chaîne avait vu ses frais de fonctionnements être rabotés et une restructuration avait été menée. Six années plus tard, nous avons l’impression d’être aux mêmes points avec un Directeur général et un Rédacteur en chef en moins", soulignent Jacqueline Galant, présidente de l’arrondissement MR Mons-Borinage et Georges-Louis Bouchez, président national.

Pour les deux réformateurs, les communes ne peuvent pas une fois de plus passer à la caisse. "Le départ de ces deux figures de la chaîne pose évidemment question alors qu’on le sait, la situation financière de la chaîne est difficile. Nous sommes profondément attachés à notre média local, car il a aussi un rôle important à jouer, en matière de droits à l’information et de couverture plus équilibrée des territoires. Mais aujourd’hui, il est évident que les communes ne pourront pas accepter de remettre une fois de plus de l’argent sans une profonde remise en question de sa chaîne locale", ajoutent Jacqueline Galant et Georges-Louis Bouchez.

Députée de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jacqueline Galant a déjà mis le dossier de Télé MB à plusieurs reprises sur la table du parlement. Pour le MR, les télévisions locales traversent une période charnière qui doit les amener à se réinventer. "On ne peut plus envisager la télévision locale comme on l’envisageait auparavant. Le paysage médiatique a profondément changé, les chaînes de télévision n’ont plus des audiences aussi florissantes. Aujourd’hui, il y a une vraie réflexion qui est à mener en matière de production, notamment au niveau du contenu sur le web. Des passerelles avec d’autres médias doivent pouvoir s’envisager, car la crise de la Covid-19 a aussi fragilisé les finances de nos médias. Enfin, penser que Télé MB doit systématiquement aller chercher l’argent auprès des communes est une vision archaïque de gestion. Il faut aussi aller chercher des financements privés, voire remodeler et redessiner le paysage des chaînes locales", avertit Georges-Louis Bouchez.

De son côté, Jacqueline Galant espère que l'arrivée d'un directeur général permettra "de mener au plus vite ces grandes réflexions, nécessaires pour la survie de Télé MB."