Mamert, Pancrace et Servais. Ce sont les saints de glace que le calendrier met à l'honneur les 11, 12 et 13 mai. Ils marquent surtout un moment charnière pour les agriculteurs en général et nos vignobles en particulier. Une fois les saints de glace passés en effet, un trait sur la menace du gel peut normalement être tiré. L'heure est donc au bilan, du Chant d'Éole au Ruffus.

Les nuits des saints de glace n'ont pas été particulièrement froides cette année. En revanche, le gel s'est montré coriace durant une bonne partie du mois d'avril. "Nous avons entre 30 et 35% des bourgeons qui ont brûlé", commente Arnaud Leroy du Domaine des Agaises. "Il est encore trop tôt pour évaluer l'impact sur la production globale. Tout dépendra de la quantité de grappes qui varie d'une année à l'autre. Mais nous sommes tout de même partis sur une année compliquée par rapport aux trois dernières. 2019 et 2020 avaient été de très bonnes années. 2018 était tout simplement exceptionnelle. Nous ne pouvons pas en espérer autant de 2021."

Les vignobles de notre région sont heureusement équipés de tours antigel. De quoi limiter le casse, sans faire de miracles toutefois. "Sur une parcelle qui remonte un peu, nous avons perdu 25%. Ailleurs, en bout de parcelle, là où l'influence des tours est moins forte, les dégâts sont aussi plus importants. Mais sur le reste du vignoble, les pertes se situent autour des 10%", explique Hubert Ewbank du Chant d'Éole. "C'est au début du printemps que le gel a été le plus problématique. Il était persistant dans la durée et l'efficacité des tours était limitée, car ça ne sert à rien de rabatte de l'air froid sur de l'air froid. Mais heureusement, les vignes n'étaient pas encore débourrées. La majeure partie des bourgeons étaient encore dans leur cocon."

La météo n'est toujours pas exceptionnelle en ce mois de mai. La pluie a succédé au gel. Mais pour l'heure, ce n'est pas un grand souci pour les vignobles. "On attend le retour du beau temps évidemment, mais les conditions actuelles n'ont pas vraiment d'impact sur les vignes. On sera juste un peu en retard dans le calendrier. Les vendanges se feront probablement fin septembre ou début octobre, alors que les autres années, ça se passait mi-septembre", prédit Hubert Ewbank.

Du côté du Ruffus aussi, la pluie n'inquiète pas trop pour le moment. "La période n'est pas particulièrement sensible à l'humidité. C'est pour la floraison que nous attendons du temps chaud et sec. On espère que ça va finir par arriver. Pour le moment, la météo n'est pas notre côté. Heureusement, pour le restaurant éphémère que nous avons aménagé avec le Bouchon des Agaises, nous pouvons compter sur une grande tonnelle très efficace et des chaufferettes", conclut Arnaud Leroy. Un restaurant éphémère qui lancera ses derniers services lundi prochain. D'ici là, la tonnelle devrait toujours s'avérer utile.