Après avoir connu un record de chaleur la semaine dernière, la Belgique s'est réveillée sous un manteau blanc. Si nous sommes passés des t-shirts aux écharpes, les vignes, elles, restent dans leur plus simple appareil. Or, ces caprices de Dame Nature peuvent causer de gros dégâts. Un coup de gel sur des bourgeons au pire moment, et c'est une grosse partie de la production qui part en fumée.

"En 2017, nous avions perdu 30% de la production à cause du gel", se souvient Hubert Ewbank du Chant d'Éole. "Depuis, nous avons investi dans des tours antigel qui permettent de rabattre l'air un peu plus chaud vers le sol. Le métier de vigneron est assez stressant, nous sommes toujours dépendants du gel, des maladies ou des grêles au mois d'août. Pour le moment, ça va. Les bourgeons ne sont pas encore trop sortis, car nous essayons toujours de tailler les vignes le plus tard possible. Et cette nuit, nous avions à peine -1 degré."

À Nouvelles aussi, on retient son souffle en observant les bulletins météo. "Les pires gelées, c'est quand le ciel est clair", explique Vincent Debusscher du Mont des Anges. "Ici c'est assez couvert, et la température n'est pas trop descendue. Mais ça a duré longtemps. Heureusement, la neige a eu un effet protecteur. Elle englobe les bourgeons qui sont déjà sortis. Nous avons par ailleurs des bougies et des pulseurs d'air chaud. Ainsi qu'une éolienne mobile sur une parcelle qui nous permet de pousser le froid qui remonte de la vallée. Enfin, les vignes ne sont pas encore trop avancées. Le chardonnay a commencé à se réveiller quand nous avons eu 18 degrés, puis a eu tendance à stagner. Quant au meunier, il débourre plus tard."

Le Vignoble des Agaises n'est pas non plus démuni pour affronter les aléas climatiques. "L'année 2017 avait été terrible, nous avions perdu 50% de notre production à cause du gel. Dans la foulée, nous avions investi dans une première tour antigel qui n'a pas beaucoup servi en 2018. Elle s'est en revanche révélée très efficace en 2019 et depuis, nous en avons installé deux autres qui nous ont bien aidés au printemps dernier", indique Arnaud Leroy du Ruffus. "Cette nuit, nous avions tout de même -2,5 degrés chez nous. Surtout, ça n'a pas duré que deux ou trois heures, mais bien plus longtemps. Heureusement, les vignes sont un peu retard. Nous avons déjà connu des hivers plus doux et des coups de chaleur au carnaval qui font sortir les bourgeons plus rapidement. Actuellement, certains sont encore protégés dans leur cocon."

Les vignerons devraient donc traverser ce coup de froid sans encombre. Mais tous restent sur leurs gardes jusqu'aux Saints de glace.