"Pompiers non-testés, population en danger", voilà le message affiché par les pompiers de la zone de secours Hainaut-Centre au sein des différents postes de secours. Plusieurs d’entre eux réclament en effet une campagne de dépistage massive, destinée à les rassurer et à leur permettre de poursuivre leurs missions plus sereinement.

"Ce n’est pas pour nous, pompiers, que nous sommes les plus inquiets. Nous avons choisi notre métier. Mais nous sommes inquiets pour nos familles, pour nos proches et pour les patients que nous prenons en charge", explique Olivier Cornero, pompier au poste de secours de La Louvière et délégué permanent SLFP.

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"Nous prenons toutes les précautions d’usage lorsque nous sommes en contact avec des patients confirmés positifs. Mais ils peuvent être asymptomatiques. L’un des nos collègues a été testé positif le 26 juillet dernier. Nous demandons donc que les dépistages soient plus systématiques. La situation est anxiogène et nous sommes en première ligne. Certains viennent travailler en ayant des craintes."

Ce mardi, à l’issue d’un comité pour la prévention et la protection au travail (CPPT), il a été décidé que l’équipe ayant été en contact avec le pompier testé positif, et donc potentiellement à risque, serait testé ce vendredi. "C’est-à-dire un mois plus tard… Jusqu’ici, rien n’avait été organisé. Il est malheureux de constater que nous devons exprimer notre mécontentement pour que les choses bougent un peu."

Une nouvelle réunion sera organisée le 28 août afin d’organiser la suite des événements. "Le sujet a été abordé à plusieurs reprises, mais n’avait pas encore pu être officiellement discuté en CPPT", explique Baudouin Vervaeke, commandant de zone. "Tout cela ne peut se faire du jour au lendemain, il faut voir quels types de tests utiliser, quand, à quel prix,… Et une fois que ces décisions sont prises, il faut s’assurer que nous avons les budgets nécessaires."

Car cette campagne de dépistage sera bien à charge de la zone de secours. "Ils sont organisés par la médecine du travail, qui doit donc être équipée et payée. Mais à ce stade, rien n’est fait. Des propositions devront être formulées et analysées lors d’un prochain CPPT. Il ne suffit pas de claquer des doigts. Par ailleurs, ces dépistages ont vocation à rassurer le personnel mais en cas de craintes ou de symptômes, des tests pouvaient évidemment déjà être effectués."

Bref, administrativement, les choses bougent. De là à dire que tout le monde aura été testé dans les prochains jours...