"Bien mais pas suffisant." C’est l’évaluation rendue par les Cyclistes gonflés à bloc à la ville de Mons, qui a récemment aménagé une nouvelle piste cyclable à la rue des Barbelés et à la rue du Grand Jour. Piste cyclable pour le moins polémique car tracée une veille de rentrée scolaire et empiétant sur une bande de circulation normalement dédiée aux automobilistes. Qu’à cela ne tienne, pour le groupe des Cyclistes, la démarche est à saluer même si des efforts doivent encore être fournis.

"Nous nous réjouissons de cet aménagement mais regrettons que la ville et la région wallonne n’aillent pas plus loin en prenant des initiatives de plus grande ampleur", explique le collectif. "L’occasion était idéale pour achever enfin la piste cyclable sur tout le pourtour de la Grande Voirie, interrompue en cinq endroits, ce qui met en insécurité les cyclistes qui empruntent cet axe essentiel."

Ces derniers mois, difficile de nier que le visage de Mons, en centre-ville ou non, a évolué. Mais à ce jour, la ville avance toujours à tâtons, sans plan de mobilité. "Il est important d'inscrire les avancées dans le cadre d'un plan vélo global, cohérent et financé, lui-même intégré dans le cadre d'un plan de mobilité général. Un tel plan permettra de rendre la politique de mobilité plus efficace, plus rapide et mieux comprise."

Car entre automobilistes et cyclistes, l’entente n’est pas toujours au beau fixe, en témoignent l’incompréhension de beaucoup à la découverte de la suppression d’une bande de circulation au profit d’une piste cyclable en centre-ville. "D'aucuns espèrent qu'un plan de mobilité permettra de concilier le tout-à-la-voiture actuel avec un réseau de pistes cyclables de qualité et des transports en commun efficaces. C'est une illusion."

"À Mons, l'espace à récupérer ne manque pas car la politique du tout-à-la-voiture a conduit à accorder pratiquement toute la place à la voiture au détriment des autres moyens de transport. La paralysie du trafic est inéluctable si on laisse se poursuivre l'augmentation du parc automobile. Il faut donc casser le cercle vicieux dont Mons est prisonnier en diminuant progressivement l'espace dévolu à la voiture. Dans un premier temps, cela crée des difficultés mais c'est un passage obligé pour que les autres moyens de transport offrent une alternative valable."

De son côté, l’échevine de la mobilité, Charlotte De Jaer (Ecolo) insiste : "la partie infrastructure cyclable fait partie intégrante du plan communal de mobilité qui comprend plusieurs mesures à haut impact définies par le collège en mai. Cette partie est travaillée et étudiée, malgré un arrêt pendant le confinement, entre le bureau d’étude en charge du plan communal de mobilité et les associations de cyclistes quotidiens."

La ville travaille donc toujours sur ce plan qui peine à voir le jour et qui devrait offrir une vision d’ensemble à la problématique de la mobilité à Mons, l’une des villes les plus embouteillées de Belgique.