Deux écoles montoises ont testé l’application contre le cyberharcèlement.

Voilà deux ans que l’IESPP et l’Athénée royal de Mons utilisent Cyber Help, une application destinée à lutter contre le cyberharcèlement. Le projet est inédit. Il avait été lancé sous l’impulsion de Nicolas Martin, lorsqu’il était député wallon, et a été développé sous l’égide de l’UMons.

Concrètement, les étudiants peuvent télécharger l’application qui permettra d’effectuer des captures d’écran lorsqu’ils sont victimes ou témoins de cyberharcèlement. Mais le projet va bien au-delà et ne se limite pas à un outil informatique.

Les cas de harcèlement sont en effet traités dans des espaces de parole régulés qui peuvent aussi intervenir de manière préventive. Les cas les plus problématiques peuvent ensuite être transmis à un conseil de discipline. Le tout est encadré par des référents numériques, formés parmi les enseignants, et des cyber citoyens recrutés parmi les réthos.

"La mise en place du dispositif a fait suite à une vaste enquête menée auprès de 1518 élèves issus de 11 écoles secondaires de Mons et ses environs", indique le bourgmestre Nicolas Martin. "Il en ressortait que 1 élève sur 3 était concerné par le cyberharcèlement. Ce travail préparatoire a aussi permis d’impliquer les jeunes dans les solutions à développer. Ils voulaient un outil en ligne qui permette des captures d’écran. Par ailleurs, la répression n’était pas le mode d’emploi privilégié. Ils voulaient davantage des solutions basées sur le dialogue et la prévention."

Durant l’année scolaire 2017-2018, 17 % des étudiants de l’IESPP et de l’Athénée royal ont téléchargé l’application. Ils étaient 21 % pour l’année 2018-2019. Des cas de cyberharcèlement ont par ailleurs été rapportés directement auprès de référents numériques, sans passer par l’application. À côté de ça, Cyber Help a aussi permis d’aider des étudiants qui n’étaient pas directement victimes de harcèlement, mais vivaient un mal-être profond. Au total, 14 dossiers ont déjà pu être traités.

"Il y a une attente énorme de la part des parents et des enseignants qui sont désemparés par rapport au phénomène du cyberharcèlement", relève Bruno Humbeeck, chercheur à l’UMons. "Mais on peut agir et on peut le faire de manière intelligente quand les conditions sont réunies. Pour Cyber Help, il y avait une volonté politique qui a permis de rencontrer une expertise scientifique et de mobiliser les écoles. Cela a permis une prise en main du phénomène par ceux qui le subissent mais aussi par ceux qui le font subir. Si bien qu’aujourd’hui, de plus en plus de monde s’intéresse à Cyber Help, même en France."

Le lancement du projet avait bénéficié d’un subside de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Notre souhait est maintenant de pouvoir pérenniser Cyber Help et de l’étendre pour en faire profiter le plus grand nombre. C’est le projet le plus avancé sur cette problématique. La ministre Caroline Désir a déjà manifesté son intérêt. Nous lui présenterons prochainement Cyber Help en détail", conclut Nicolas Martin.