Mons Jusqu’ici, il n’était pas toujours évident de rendre un dernier hommage aux SDF dans la Cité du Doudou.

Les pouvoirs communaux interviennent pour prendre en charge les funérailles des plus démunis, ceux que la loi considère comme "indigents". À Mons, la Ville a confié la mission à l’entreprise Borgno au travers d’un marché public passé en 2017 et qui court pour 4 ans.

À raison d’un peu moins de 300 euros par dossier, ces funérailles touchent une vingtaine de personnes par an dans la Cité du Doudou, notamment des SDF. Des pertes qui peuvent affecter toute une communauté et des associations de terrain. Or, il n’était pas toujours évident pour ces proches de rendre un dernier hommage aux disparus. "Quand il n’y a pas de famille pour prendre en charge les funérailles et qu’il n’y a donc pas d’avis nécrologique, ceux qui ont pu côtoyer le défunt n’avaient pas l’information", relève Achile Sakas, échevin de l’État civil.

"Parfois, on apprenait le décès quand le défunt était déjà enterré", ajoute Nadia Dupont de l’association Pas de porte. "Nous avons donc interpellé la Ville de Mons pour voir s’il serait possible d’améliorer les démarches en suivant notamment l’exemple de Bruxelles où un organisme centralisateur informe tous les groupes et associations actives susceptibles d’accompagner le défunt dans sa dernière demeure. Nous avons aussi demandé que lors du décès d’une personne indigente, cette dernière profite d’une toilette mortuaire et soit habillée plutôt que d’être laissée nue dans un sac en plastique placé dans une chambre froide."

Les demandes étaient portées par diverses associations dont l’Escale, Solidarité SDF, l’Armée du Salut ou encore Lagardère. En février, après être parti à Charleroi pour voir comment le système fonctionnait, le docteur David Bouillon avait d'ailleurs déposé une motion au conseil communal. Les demandes ont donc été entendues par la Ville de Mons. "L’État civil transmettra l’information du décès au CPAS qui pourra ensuite la relayer aux différents organismes sociaux", annonce Achile Sakas. "Nous avons en outre eu une réunion en février avec le Relais social, le CPAS, le Service Prévention et l’entreprise Borgno. Nous avons pu nous mettre d’accord sur une procédure systématique. La date et le lieu des funérailles seront dorénavant communiqués dans un délai minimum de deux jours avant les obsèques. Un temps de recueillement d’une heure sera prévu au funérarium avant le départ. Si son état le permet, le corps sera visible."

Une belle avancée pour les associations de terrain qui pourront rendre un dernier hommage aux disparus.