Depuis que de nouveaux panneaux antibruit ont été installés le long de l'autoroute A7, les riverains de Nimy, Saint-Denis et Maisières n'ont pas trouvé la tranquillité si ardemment espérée. Certains estiment même que la situation serait pire.

Pour Nimy, des murs de 7m de hauteur devaient être installés selon une étude de 2015. Mais l'arrêté du gouvernement wallon de 2016 est passé par là, revoyant à la hausse le seuil acceptable de nuisance sonore. "L’arrêté du 22 décembre 2016 fixe les limites de bruit sur l’ensemble de la journée à 70 dB lden et sur la période de nuit 60 lnight . Il a donc été nécessaire de se conformer à ce nouvel arrêté et de recalculer les projets en fonction de ces limites", nous confirme le cabinet du ministre Philippe Henry.

Selon l'étude de 2015, des murs de 7m de haut devaient permettre d'atteindre un seuil de 68 dB en journée. Les 70 dB poursuivis avec les murs installés, hauts de 5,4m, éloignent un peu plus encore les riverains des 53 dB recommandés par l'OMS et auxquels aspire également l’Agence européenne pour l’environnement (AEE). Dans un rapport publié l'an dernier, l'agence constatait que l'objectif fixé pour 2020 de réduire la pollution sonore ne serait pas atteint. L'AEE relevait également que "dans la plupart des pays européens, plus de la moitié de la population urbaine est exposée à des niveaux de bruits de la route supérieurs ou égaux à 55dB." Une exposition qui n'est pas sans conséquence. Selon l'AEE, la pollution sonore est responsable chaque année de 12.000 morts prématurées et entraîne des troubles cognitifs chez 12.500 enfants en Europe.

À Mons, aux abords de l'A7, nous sommes donc à un maximum de 70 dB en journée. Vraiment? Les riverains doutent de la fiabilité des mesures effectuées par le SPW pour vérifier l'efficacité des murs antibruit. "Des mesures ont été réalisées en février 2021 dès que les conditions météorologiques le permettaient", nous précise le cabinet du ministre Henry. "Les mesures ont été réalisées selon le mode opératoire établi dans le cadre de la cartographie bruit des infrastructures suivant la directive 2002/49 CE. Le modèle de calculs utilisé pour établir les cartographies stratégiques du bruit prend en considération les effets météorologiques, en ce compris les vents dominants."

Et le cabinet d'ajouter: "Les mesures réalisées en février 2021 ont permis de valider le modèle de calculs acoustiques utilisé pour le dimensionnement des écrans antibruit. Il en découle que les écrans antibruit installés permettent de protéger la zone en dessous des valeurs limites définies par l’AGW du 22 décembre 2016 et respectent donc les normes de réduction du bruit."

Cette efficacité, le SPW viendra l'expliquer prochainement aux principaux concernés. Une réunion préalable s'est tenue avec la Ville de Mons le 19 mai. Les autorités communales doivent maintenant organiser une rencontre entre les services du SPW et des représentants des riverains. De Nimy à Maisières en passant par Saint-Denis, on attend de pied ferme ces experts qui vont expliquer à ceux qui n'en peuvent plus du bruit que tout va bien. Au vu des positions des uns et des autres, la rencontre pourrait vite tourner en discussions de sourds.