Après Uber Eats, c'est Deliveroo qui a lancé ses services à Mons. Aujourd'hui, dans les rues de la Cité du Doudou, on peut donc voir défiler ces coursiers vert ou bleu, avec leur grosse boîte sur le dos. Certains en profitent pour se faire livrer des repas à domicile. Des restaurateurs y voient l'occasion de proposer un nouveau service. Pourtant, ces nouvelles plateformes de livraison ne font pas que des heureux.

C'est le cas du conseiller Ecolo Samuel Quiévy. Lors du prochain conseil communal, il proposera au collège de suivre l'exemple de Grenoble. Là-bas, le maire écologiste Eric Piolle a adressé une lettre à Uber Eats et Deliveroo pour dénoncer leur fonctionnement et ses répercussions préjudiciables. Dans son collimateur, le statut précaire des travailleurs de la "gig economy" et les problèmes de sécurité routière. Les entreprises imposent en effet des conditions qui n'amènent pas les coursiers à se montrer prudents sur la route. Par ailleurs, ils n'ont aucun accompagnement pour bien entretenir leurs outils de travail et ainsi réduire les risques d'accident.

"Cette situation est selon notre groupe totalement transposable à notre territoire, il est de notre ressort de dénoncer cette situation inacceptable pour les travailleurs montois prisonniers de ces plateformes. Situation qui amène, comme décrit par l’édile grenoblois, des prises de risques en matière de conduite et de sécurité routière, tant pour eux que pour l’ensemble des usagers de l’espace public, notamment dans le piétonnier montois", souligne Samuel Quiévy. "Plus on se rapproche de la Grand-Place, plus on observe une concentration de scooter et de vélos. Certains roulent un peu n'importe comment, allant à contresens ou roulant sur les trottoirs. On a même vu des scooters dans la rue piétonne. Les conditions de travail amènent les coursiers à aller le plus vite possible et ça influe sur leur conduite."

Toutefois, ce n'est probablement pas une simple lettre adressée aux dirigeants de ces plateformes qui va changer la donne. "C'est surtout symbolique", concède Samuel Quiévy. "On ne va pas révolutionner le fonctionnement des plateformes de livraison avec cette lettre. Mais en tant que majorité progressiste, il nous semble important que le collège se positionne et envoie un signal à ces sociétés, mais aussi aux travailleurs montois. Mons est une ville où les conditions sociales doivent être améliorées, à l'image de ce qu'a fait le collège en remontant les bas salaires de l'administration. Enfin, au-delà de cette prise de position symbolique, je compte relayer le message auprès de nos élus à la Région et au fédéral pour voir ce qu'il y a lieu de faire à d'autres niveaux de pouvoir et prendre des mesures plus concrètes."