Mons

Cette structure permettrait d'accueillir les personnes victimes de discriminations.

Lors du prochain conseil communal, Guillaume Soupart de Mons en Mieux déposera une motion en vue de créer un refuge pour les personnes LGBT+ dans la Cité du Doudou.

C'est à partir d'un constat amer que l'élu lance la proposition. "Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur français, les actes LGBTphobes sont en augmentation chez nos voisins. La même tendance est observée en Belgique par Unia, le centre interfédéral pour l'égalité des chances", pointe Guillaume Soupart. "En 2018, il a traité 125 cas de personnes qui se sentaient victimes de discriminations parce qu'elles étaient homosexuelles. C'est une augmentation de 38% par rapport à la moyenne des 5 dernières années."

Dans ce contexte, une structure pour accueillir les personnes victimes d'homophobie prend tout son sens. "Selon un rapport des Nations unies, les personnes LGBT+ représentent entre 20 et 50% des jeunes sans-abris dans le monde", poursuit le conseiller de Mons en Mieux. "C’est également le cas en Belgique et en particulier à Bruxelles où entre 2011 et 2012 l’Association Cultures et Progrès a mené une étude de terrain qui confirme cette réalité et l’absence de réponse spécifique apportée aux jeunes victimes d’homophobie intrafamiliale parfois contraints à la rue."

Des exemples existent déjà. Guillaume Soupart mentionne ainsi celui du Refuge en France, marrainé par Muriel Robin, qui héberge des jeunes de 18 à 25 ans victimes d’homophobie ou de transphobie et en situation de rupture familiale. En octobre 2018, un refuge de ce type a vu le jour à Bruxelles. Il propose un accompagnement articulé autour de 5 pôles: la santé, le social et le juridique, le socioculturel, l'éducation, l'emploi et la formation ainsi que le logement. Un projet semblable vient d'être lancé à Liège.

Rappelant que le nouveau gouvernement wallon affirme dans sa déclaration de politique générale vouloir permettre à chacun de vivre son identité sexuelle et son identité de genre de manière épanouie, Guillaume Soupart demande donc au collège communal de lancer une réflexion avec le secteur associatif ainsi que les acteurs publics et privés pour implanter un refuge pour les personnes LGBT+ sur le territoire montois.

"À Mons, nous avons la chance d’avoir la Maison Arc-en-Ciel de Mons, MAC de Mons, qui est une ASBL membre de la fédération Arc-en-Ciel Wallonie et bénéficiant du soutien financier de la Région wallonne. Elle regroupe 5 associations, à savoir Activ’elles, Tels Quels Wallonie, Alter-Visio, les CHEFF et CHEM. Malheureusement, aucun refuge pour les jeunes LGBT+ n’est présent sur notre territoire", conclut le conseiller de Mons en Mieux.