C'est un moyen de locomotion qui a de plus en plus en le vent en poupe, mais les voitures électriques ont besoin de bornes "to be alive". Or, la Wallonie est à la traîne, et ça freine les automobilistes qui pourraient abandonner l'essence ou le diesel. Si le problème n'est pas propre à la Cité du Doudou, les conseillers Guillaume Soupart et Mathieu Veltri (MEM) vont tout de même interpeller le collège communal lors du prochain conseil pour voir ce que les autorités locales pourraient entreprendre afin d'inverser la vapeur, en attendant un sursaut wallon.

Les deux conseillers d'opposition ne partent pas de rien. Un récent rapport de l'institut Vias établit qu'un Belge sur cinq serait prêt à acheter une voiture électrique d'ici trois ans. En Wallonie, ils ne sont même que 17%. D'après l'étude, le portefeuille pèse pour beaucoup dans la balance. Mais ce n'est pas le seul élément. "Les Belges sont à la recherche d’incitants financiers et cela ne relève donc pas de nos compétences communales", précise Mathieu Veltri. "Toutefois, parmi les autres incitants qui pourraient pousser à l’achat, figure la multiplication des bornes de recharge, notamment rapides. Des efforts au niveau de l’infrastructure sont à fournir. Mais aussi en termes d’information."

Ces dernières années, les bornes électriques ont commencé à fleurir ci et là: stations à essence, commerces, entreprises, mais aussi dans les parkings gérés par la Ville. L'intégration de bornes semble désormais devenue incontournable. Elle est d'ailleurs prévue dans les travaux de rénovation de la Place Nervienne. Mais une autre étude de Transport & Environnement, parue en janvier 2020, constatait que 44% des chargeurs belges ne sont pas accessibles au public 24/7. "Ces chargeurs peuvent être qualifiés de « semi-public », car ils permettent principalement à des commerçants et entreprises d’attirer des clients et partant, ne sont disponibles qu’aux heures d’ouverture de ces derniers", souligne Guillaume Soupart. Le conseiller de MEM reconnait que ces chargeurs sont utiles pour augmenter le maillage des bornes sur le territoire, mais il voudrait donner un coup de boost pour faire de Mons une ville pilote en la matière.

Mathieu Veltri, qui travaille dans un garage à Havré, établit un constat : "Mons compte 22 points comportant un nombre variable de bornes de recharge selon chargemap.com. Le centre-ville dispose de 11 places réservées aux véhicules électriques (parkings de la Grand-Place et de la Halle et place Nervienne). Les 19 communes du Grand Mons sont loin de toutes disposer de bornes. Pourtant, cela peut constituer un atout pour attirer des touristes et inciter les utilisateurs de voiture électrique à se rendre dans le centre-ville et consommer dans nos commerces."

Les deux conseillers Mons en Mieux pensent que la situation peut être améliorée notamment via des partenariats avec les opérateurs privés afin d’intégrer cette technologie du futur dans la Cité du Doudou. Ils plaideront en ce sens lors du prochain conseil communal, mardi.