C’est peut-être le début d’une nouvelle vie pour Aurélie, son compagnon et leur enfant à naitre. Après avoir vécu sous une tente pendant près d’un an, le couple vient de signer un bail et s’apprête à prendre possession de son nouveau logement, du côté d’Obourg. Les démarches ont été longues et difficiles et la future maman ne souhaitait pas se séparer de son compagnon pour rejoindre un foyer pour femmes. Aujourd’hui, les cartes sont désormais entre ses mains.

"Le personnel du CPAS doit gérer beaucoup trop de dossiers que pour pouvoir épauler et aiguiller correctement les personnes qui se retrouvent dans la même situation qu’Aurélie", estime Mohamed Aftouh, de l’association les Anges de Mons. "Aucun logement de transit n’était pas ailleurs disponible, et au niveau du privé, nous avons essuyé les refus. Une fois que les propriétaires étaient informés de la situation, ils trouvaient des excuses légales pour lui refuser la location du bien."

C’est finalement du côté d’Obourg, auprès d’un particulier, que la solution s’est dégagée. "Le logement a été libéré le 1er mai dernier, nous venons de signer le bail. Aurélie et son compagnon rentreront dans ce logement dans quelques jours. Nous sommes en train de faire le nécessaire pour que le bien soit meublé, mais là encore, la solidarité citoyenne est magnifique. De nombreuses personnes se sont mobilisées, notamment pour tout le matériel de puériculture." De son côté, le CPAS de Mons accompagne toujours Aurélie, dépose la caution nécessaire à la location et assume également le loyer.

Si récupérer un logement digne de ce nom est une étape cruciale pour que le couple sorte la tête de l’eau, le chemin à parcourir reste extrêmement long. "On a fait la moitié du chemin, c’est désormais à eux de faire le reste. Ils seront toujours suivis, personne ne compte les abandonner, car il leur faudra un temps d’adaptation pour se réhabituer à avoir un chez eux. Mais la balle est désormais dans leur camp. À eux de montrer qu’ils ont l’envie de s’en sortir. De notre côté, nous avons fait tout ce que nous avons pu."

Il y a un an, Aurélie et son compagnon s’étaient retrouvés à la rue après que leur propriétaire ait refusé de renouveler leur bail. En plein confinement, le couple prenait ses affaires et se retrouvait à la rue. L’hiver, il l’a passé dans le froid et la neige, tandis qu’entre temps, Aurélie apprenait sa grossesse, la quatrième. Un nouveau départ pourrait s’offrir au couple et à son futur enfant, qu’il espère pouvoir garder auprès de lui malgré les difficultés à surmonter.