L’école du dehors est un concept qui a le vent en poupe. Il ne s’agit pas seulement de donner cours à l’extérieur de la salle de classe, mais d’utiliser les potentialités de l’environnement extérieur. La formule séduit des parents d’élèves de plus en plus nombreux, mais ceux-ci doivent souvent se tourner vers des écoles privées à pédagogie alternative, et souvent payante.

Mais progressivement, cette forme d’apprentissage relativement neuve chez nous, mais généralisée dans certains pays (nordiques notamment) trouve sa place dans notre enseignement officiel. A Mons, certaines écoles communales ont ouvert la porte à la pédagogie en extérieur.

"Il y a un renouvellement en ce sens au sein de nos équipes pédagogiques", confirme Catherine Houdart, échevine en charge de l’enseignement. "Cette pratique n’apparaît pas dans toutes les écoles de la même manière, mais on sent que la méthodologie évolue."

La crise sanitaire n’est pas étrangère à ce phénomène. "Je pense que ce qu’on a vécu a suscité une remise en question chez les enseignants, qui ont vu une opportunité de changer un peu la façon dont on donne cours."

C’est surtout dans les petites structures, située en milieu rural, que le phénomène d’école du dehors s’observe. "Il y a par exemple l’école maternelle de Villers-Saint-Ghislain, qui ne fait pas que de l’école du dehors, mais qui propose des activités en extérieur dans la cour de l’école. Les enfants apprennent à compter avec des marrons, des feuilles qu’ils vont ramasser...Ils ont l’opportunité, en étant dans un village, d’être beaucoup plus à l’extérieur, de visiter plus facilement une ferme, bref, d’avoir une pédagogie avec ce qui entoure l’école."

S'inspirer de l'étranger

Autre exemple d’école aux murs ouverts, Harmignies, "où pour des situations d’éveil, on va sortir dans le village. Il y a un ruisseau, des arbres...Toute une série de choses qui permettent de développer toute une série d’apprentissages. On peut apprendre à compter et travailler le français en étant à l’extérieur, c’est une autre pédagogie de travail."

Ces activités doivent s’intégrer dans un programme officiel, "avec des règles et un programme à suivre. On n’a pas une école communale du dehors à part entière, comme il en existe sur le territoire de la ville de Mons, mais qui relèvent du privé." Ce qui n’empêche pas d’être créatif et de faire évoluer la méthodologie permettant aux élèves d’acquérir les savoirs de base.

Pour cela, les écoles communales du Bois de Mons et de Maisières accueilllaient la semaine dernière des institutrices espagnoles, finlandaises, grecques et portugaises dans le cadre du projet Erasmus "Learning outdoors - lifelong learning". Le but du projet est de démontrer que les apprentissages en extérieur motivent les enfants et enrichissent les apprentissages de manière concrète et durable. "L’objectif est d’échanger des bonnes pratiques avec des enseignantes provenant de pays au système éducatif différents du nôtre." Et desquels notre enseignement a sans doute beaucoup de choses bénéfiques à retirer.