L'horeca se déconfine. Depuis le mois de mai, certains établissements ont déjà pu profiter des terrasses. Mais pour d'autres, la véritable reprise commence ce 9 juin, en intérieur.

En Wallonie, ils sont 25% à avoir fait l'impasse sur les terrasses. À Mons, pas de statistiques officielles. Mais le président de la fédération horeca du Hainaut a tout de même relevé pas mal d'établissements qui avaient gardé le volet baissé. "On a tendance à être aveuglé par les nombreuses terrasses sur la Grand-Place ou au Marché aux Herbes. Mais sans s'éloigner de trop, on peut voir dans l'hypercentre que pas mal de restaurants n'avaient pas la possibilité d'accueillir leurs clients à l'extérieur", commente Luc Marchal. "À la rue des Clercs, il y avait par exemple L'art des Mets ou le bar à tapas à qui on avait proposé d'installer deux tables sur le trottoir, mais ce n'était pas rentable. À la rue d'Havré, il y a aussi la Table du Boucher ou les Gribaumonts. Ou encore à la rue de Nimy, Tocco d'Italia et Osmose."

Pas mal d'établissements vont donc pouvoir seulement remettre le couvert. Mais dans des conditions qui ne sont pas encore idéales. "Il reste la distanciation entre les tablées", poursuit Luc Marchal. "1m50 de dos de chaise à dos de chaise, pour les petits établissements, ça peut représenter une perte de capacité importante. C'est un problème épineux que nous allons d'ailleurs remettre sur la table du prochain CODECO. Tout comme le nombre de personnes par tablée que nous voudrions voir passer à six. Nous partons du principe qu'une législation stricte qui a des raisons sanitaires doit être acceptée. Mais s'il n'y a pas de justification sanitaire, ces décisions ne peuvent plus durer. Nous espérons des assouplissements en juillet. Et si ce n'est pas le cas, il faudra nous expliquer pourquoi et ne pas se taire comme certains ont l'art de faire."

Avec cette reprise complète, il y avait aussi le risque de voir certains rester fermés pour cause de faillite. "Des faillites, il y en a tout de même eu quelques-unes durant le confinement, mais elles n'ont généralement pas été très visibles, car les établissements concernés ont vite été repris. Il faudra surtout attendre quelques mois pour se rendre compte si tout le monde peut faire face aux obligations financières qui ont été repoussées. Il va falloir passer à la caisse à un moment donné, et c'est là que ça risque de poser problème pour certains."

Mais ce 9 juin, l'heure est plutôt aux réjouissances avec la réouverture totale de l'horeca. Luc Marchal n'ose pas imaginer qu'après l'été, on se retrouve à nouveau dans une situation telle qu'il faudrait reconfiner tout le secteur. Si d'aventure, la pandémie devait reprendre le pas, le président de la fédération hainuyère espère que les mesures seront différentes, avec l'introduction de ce fameux label covid plaidé par des experts. "Nous insistons pour que les entreprises respectent au maximum les normes imposées et que les clients jouent le jeu pour éviter le risque d'une nouvelle fermeture. Par ailleurs, les réalités ne sont pas les mêmes partout et beaucoup d'entrepreneurs font de gros efforts pour s'adapter, car ils veulent bosser. J'espère que les autorités tireront les enseignements de cette période et profiteront du temps que nous avons pour réfléchir à des dispositions qui permettraient de ne plus passer par une fermeture arbitraire du secteur", conclut Luc Marchal.