Le déconfinement du secteur culturel se profile à l’issue du dernier comité de concertation avec des assouplissements progressifs prévus dès le 9 juin. Mais ces nouvelles mesures ont de quoi laisser un sentiment partagé au directeur de MARS, le centre culturel montois.

"La toute première réaction est positive. Enfin, on se penche sur le secteur culturel, même si nous aurions voulu que ça arrive beaucoup plus tôt", commente Philippe Degeneffe. De fait, le déconfinement de la culture semble arriver en bout de course, alors qu’on commence même à envisager un retour à une vie presque normale en septembre.

Quant aux mesures en question, elles restent à prendre avec des pincettes. "L’enthousiasme n’est pas vraiment au rendez-vous", concède le directeur de MARS. "Nous sommes toujours en liberté conditionnelle. Les mesures d’assouplissement qui ont été annoncées sont en effet conditionnées au taux de vaccination et à l’occupation des lits en soins intensifs. Même si la tendance est positive pour le moment, rien ne nous dit que nous atteindrons ces objectifs le moment voulu."

Par ailleurs, les règles imposées aux salles de spectacle restent draconiennes, malgré les seuils des jauges brandis lors du CODECO. "Imposer le port du masque ou distribuer du gel, ce n’est pas un problème. Mais maintenir 1,50m de distance entre les spectateurs, c’est beaucoup plus compliqué. On parle ainsi d’une jauge fixée à 2000 personnes pour les salles en juillet. Mais avec les distanciations sociales, on restera très loin du compte à Mons. Au Théâtre royal par exemple, on arrive à 235 places au lieu de 1000. Au Manège, on est à 558 au lieu de 125. À Arsonic, c’est 63 au lieu de 250."

Dans ces conditions, difficile pour les salles de spectacle d’être rentables. Le directeur de MARS ne va d’ailleurs pas tarder à devoir faire un choix très pratique. "Pour l’ouverture du Festival au Carré, nous avions prévu de faire venir Thomas Fersern au Théâtre royal. Mais si c’est pour jouer devant 200 spectateurs, nous allons perdre des milliers d’euros !"

Le directeur du Théâtre royal nous confirme que la capacité d’accueil est un facteur déterminant. "De nombreux spectacles qui sont programmés sont des spectacles qui ont été reportés et qui sont déjà complets", indique Salvatore Anzalone. "On ne peut pas faire venir une moitié de spectateurs et dire à une autre de rester chez eux."

Les conditions de reprise ne sont donc pas vraiment celles qu’espéraient nos opérateurs montois. Ces derniers mois, on a beaucoup parlé de concertation avec les acteurs de terrain, d’expériences-pilote, d’expertises… Mais tout cela ne transpire pas vraiment dans les nouvelles mesures du CODECO. "On a l’impression que ce sont les mêmes mesures que lors du déconfinement de l’été dernier", conclut Philippe Degeneffe.