La fabrique est tenue responsable du chantier catastrophe. Mais elle dépend financièrement de la Ville de Mons. Il y a deux semaines, les autorités communales découvraient comme tout le monde que la fabrique d'église de Sainte-Waudru avait mené des réparations aussi illégales que catastrophiques au sein de la collégiale durant le confinement. Et voilà que se profile une facture salée pour couronner le tout. La ministre wallonne du Patrimoine, Valérie De Bue, a en effet indiqué que la fabrique allait assumer les dégâts. La Ville de Mons devrait donc payer, en théorie.

La ministre était une fois de plus interpellée sur le dossier de la collégiale en commission du parlement wallon ce lundi après-midi. La députée Jacqueline Galant l'a questionnée sur les conclusions des différents rapports et une éventuelle intervention des assurances. La députée Anne-Catherine Goffinet s'est inquiétée de l'ampleur des dégâts et de la possibilité de restaurer les éléments dégradés. Enfin, le député Emmanuel Disabato a demandé quelles mesures allaient être prises pour éviter qu'une telle catastrophe se reproduise.

La ministre De Bue a rappelé que la fabrique reconnaissait sa responsabilité dans ces travaux qui ont été menés sans les autorisations nécessaires durant le confinement. Les rapports convergent pour conclure que certains dégâts causés aux albâtres sont irrémédiables. La mise en peinture de certains éléments semble réversible, mais cela devra être confirmé par les rapports techniques. Pour rappel, la fabrique d'église a désormais ouvert une procédure patrimoniale qui va permettre la mise en place d'un comité d'accompagnement pour les travaux de rénovation.

"Les études et les travaux représenteront un coût important qui n'a pas encore été estimé", a également indiqué la ministre du Patrimoine. "Vu le contexte, une intervention des assurances et de la Région n'est pas possible. Les coûts devront être supportés par la fabrique d'église."

De coûts qui devront être supportés in fine par la commune, a relevé Jacqueline Galant. Manu Di Sabato estime d'ailleurs qu'il ne faudrait pas exclure une intervention wallonne. Mais pour l'heure, selon le député Ecolo, l'important est de pouvoir avancer, sans se renvoyer la patate de chaude de l'addition.

La Ville ne compte toutefois pas payer les pots cassés. "La Ville n’est pas la seule source de financement de la fabrique. Elle a des recettes propres de fermages, des recettes de biens immobiliers dont elle dispose et qu'elle met en location, des revenus de dons et de collectes", rappelle la porte-parole de la Ville de Mons. "Il va de soi que nous n’accepterons en aucun cas de devoir financer l’amende sur base de deniers publics et communaux. Néanmoins, les responsables de la fabrique se sont montrés constructifs et ont montré qu’ils mesuraient pleinement la gravité des faits reprochés. Ils se sont engagés à coopérer pleinement avec toutes les administrations publiques pour essayer de réparer ce qui peut l’être, mais également pour mettre en place de nouvelles procédures internes. Le Collège communal ne doute donc pas de la bonne volonté des responsables de la fabrique pour faire en sorte que celle-ci s’acquitte de ses obligations."