Mons

L'alliance PS-Ecolo imprime déjà sa marque dans un contexte de changement de mandature.

Nouvelle mandature, nouveau bourgmestre, nouvelle majorité et un changement de cap à la Ville de Mons qui se traduit dans le budget qu'a confectionné le collège communal. Un premier exercice du genre pour Nicolas Martin et son équipe qui entendent déjà imprimer leur marque.

"Ce budget 2019 est un budget ambitieux, sérieux, équilibré et respectueux de nos engagements", annonce le bourgmestre. "En effet, malgré un contexte difficile pour toutes les villes wallonnes, et Mons n'y échappe pas, nous avons dégagé de vraies marges budgétaires pour investir dans des projets qui correspondent aux engagements pris durant la campagne. Par ailleurs, nous dégageons un boni à l'exercice propre de 734.311,39€ et le résultat global entre les recettes et les dépenses est à l'équilibre."

Un équilibre que Nicolas Martin se félicite d'atteindre en utilisant moins d'artifices budgétaires que les années précédents. "Pour atteindre l'équilibre, la Région wallonne autorise notamment de jouer sur les dépenses non engagées de l'exercice. Il y a aussi le recours aux provisions. Par le passé, ces recettes "exceptionnelles" variaient entre 5 et 8 millions d'euros. Nous les avons ramenées à 2,6 millions d'euros pour ce budget 2019. Notre volonté est d'assainir de plus en plus structurellement les finances pour que le budget colle davantage à la réalité."

L'enveloppe prévue pour les investissements s'élève à 68,8 millions d'euros, financée à hauteur de 20 millions par la Ville, le reste reposant sur des subsides. "Notre volonté est de toucher aux préoccupations quotidiennes de la population", poursuit le bourgmestre. Des dépenses importantes sont ainsi annoncées pour les trottoirs, voiries et pistes cyclables. Tout comme pour la rénovation d'écoles dans l'entité. La dotation au CPAS, confronté à une augmentation de demandes de Revenu d'intégration sociale, est majorée de 1,14 million d'euros pour passer à 17,07 millions.

En matière de sécurité, cheval de bataille du bourgmestre, la Ville profite d'une augmentation de la dotation fédérale et des réserves de la zone de police. Un contexte favorable aux deniers communaux mais qui n'est pas amené à perdurer indéfiniment. "C'est un point qui devra faire l'objet d'une attention particulière dans le futur", reconnaît Nicolas Martin.

Evidemment, pour atteindre l'équilibre tout en consacrant des moyens aux priorités définies lors de la campagne, il faut trouver les fonds. Et l'argent ne pleut pas sur la Cité du Doudou. "En matière de dépenses du personnel, nous avons consenti beaucoup d'efforts par le passé et il était difficile d'aller plus loin. Il faut préserver la qualité des services. Nous avons ciblé nos efforts sur les frais de fonctionnement. Chaque ligne du budget a été scrupuleusement analysée pour voir là où nous pouvions réaliser des économies."

La fiscalité en débat

Dans ce budget 2019, il n'y a pas d'augmentation de l'IPP ou de la taxe immondices. Par ailleurs, la taxe pour les petits commerces est supprimée afin de renforcer le commerce de proximité en centre-ville. La majorité pastèque va chercher l'argent ailleurs, notamment en augmentant la fiscalité sur les grands complexes commerciaux de périphérie qui voient la redevance sur les parkings de plus de 50 places passer de 100 à 150 euros. Ce que dénonce l'opposition de Mons en Mieux. "On atteint un niveau affolant qui risque de pénaliser les plus petits commerçants qui n'ont pas les mêmes moyens qu'Ikea", déplore Georges-Louis Bouchez. "Quand on a créé cette taxe pour alimenter le fonds d'impulsion, ça avait du sens. Mais ici, c'est pour alimenter le budget général."

De son côté, le bourgmestre rétorque que les petits commerçants disposant d'un parking de plus de 50 places ne sont pas légion. "Cette taxe n'augmentera plus durant la législature", ajoute Nicolas Martin. "A travers elle, nous voulons aussi lancer un message clair. Alors que nous freinons l'implantation de grandes enseignes en périphérie, des projets sont encore acceptés sur recours par le ministre Jeholet. Nous disons donc aux grandes enseignes que si elles veulent s'installer en périphérie, elles devront payer."