Exclusif: la fresque du plafond de la salle de concert n’existera plus

La fresque réalisée au plafond de la salle de concert de l’Alhambra à Mons va complètement disparaître. La nouvelle risque de provoquer quelques remous dans la cité du Doudou. Son installation, à l’aube de Mons 2015 capitale européenne de la culture, avait déjà fait couler beaucoup d’encre.

L’étrange créature tentaculaire signée par l’artiste de street-art Vincent Glowinski alias Bonom n’a pas survécu. En tous les cas, les nouveaux propriétaires du lieu culturel n’ont pas tenté de la conserver. Ce qui fâche davantage est le coût de cette composition réalisée en 2014 avec l’aide des budgets de la Fondation Mons 2015 et du Manège. Selon nos informations, Mars (ex-Manège et ancien gestionnaire du lieu) a déboursé quelque 20.000 euros à l’époque pour offrir ce plafond à l’artiste.

"C’est un double gaspillage d’argent public", peste Georges-Louis Bouchez, chef de file du MR dans l’opposition. "Il y a déjà l’incapacité de Mons à poursuivre ses activités dans cette salle. Comme souvent à Mons, il n’y a pas de perspectives sur le long terme. C’était assez irresponsable de se lancer là-dedans. Le constat est simple, c’est un échec."

Vient alors la question des deniers publics et surtout de la gestion de ces mannes de subsides qui ont arrosé la cité du Doudou. "Ça, c’est la cerise sur le gâteau ! Une fresque qui a coûté près de 20.000 euros, montant que la Fondation n’a jamais voulu confirmer d’ailleurs, et ces 20.000 euros d’argent public sont jetés au feu. Les nouveaux propriétaires ont le droit de faire ce qu’ils veulent mais ça prouve bien que la ville n’a pas fait le bon choix il y a trois ans."

Du côté du Mars, le directeur Philippe Degeneffe n’a quant à lui pas de regret. "La fresque a été recouverte il y a plusieurs mois conformément à la demande de l’artiste. Le contrat que nous avions le prévoyait", explique-t-il. "Le prix de départ était de 100.000 euros, nous avons ensuite entamé les négociations pour atteindre 17.500 euros."

Et d’ajouter : "Si nous n’exploitions plus longuement la salle, nous devions recouvrir la fresque. Dans le cas contraire, nous aurions dû payer une tranche supplémentaire à l’artiste pour la conserver à raison de 5.000 euros par an et ce durant trois ans. Concernant le coût, il n’y avait pas que la fresque. Il y avait toute la décoration intérieure de la salle. Il ne faut pas oublier que Bonom est un artiste de renom avec lequel nous avons négocié pour réaliser tout cela. Cette pseudo-polémique traîne depuis le début de son installation", a conclu le directeur. Un peu comme celle sur le Passenger d’Arne Quinze…