L’histoire avait fait grand bruit et relancé le débat sur les droits des sans-abris, le fonctionnement de la justice ou encore les conditions de travail des policiers. Le procureur du roi vient pourtant de classer la plainte de Jean Mansy, un jeune homme sans abri poursuivi pour menaces de mort contre un policier. Le procureur a estimé qu’il n’y avait "pas d’infraction" dans le chef du policier montois, accusé de coups par le plaignant. Les faits remontent au 14 juillet 2019.

Ce jour-là, Jean Mansy était arrêté administrativement à la suite d’un contrôle de police mené en rue. Si dans un premier temps, le ton était monté, les choses avaient sérieusement dégénéré un peu plus tard. Selon Jean, les deux policiers l’avaient retrouvé dans une autre rue montoise et l’avaient passé à tabac. Malek, le border collie qui accompagnait le sans-abri depuis près de sept ans, aurait lui aussi été roué de coups. Il avait perdu la vie quelques semaines plus tard.

Le jeune homme avait dès lors décidé de porter plainte, non sans peine, et avait proféré des menaces à l’encontre d’un policier sur la page Facebook de la zone de police Mons-Quévy. "Suivie de près par le Service Audit et Contrôle Interne, cette plainte a été prise très au sérieux. La violence ne sera jamais acceptée ni tolérée au sein de la zone de Police Mons-Quévy", indique Jean-Hubert Nicolay, chef de Corps de la police montoise.

"Avec l’appui de notre Cheffe du Service Audit et Contrôle Interne, nous travaillons à établir la vérité sur les faits dénoncés. Lorsque les faits sont établis, nous prenons sans délai les mesures qui s’imposent. A contrario, nous n’hésitons pas à déposer plainte pour calomnie et diffamation lorsque la plainte est infondée et n’a pour but que de salir notre institution et nos collaborateurs."

Les devoirs d’enquête rendus au parquet ont finalement amené le Procureur du Roi à classer sans suite la plainte pour absence d’infraction. Ce dernier a évoqué un rapport du vétérinaire expliquant que la mort du chien ne serait pas liée à d’éventuels coups reçus. Par ailleurs, il s’est appuyé sur une expertise médicale datant de 2016, confirmée en mai 2020, selon laquelle Jean Mansy ne serait pas responsable de ses actes et requiert donc l’internement.

Le conseil de Jean, Me Forget, indique de son côté que la situation de son client a évolué, que celui-ci avait proféré des menaces sous le coup de l’émotion et qu’il suit dorénavant un nouveau traitement. La présidente du tribunal a reporté l’audience au mois d’avril. L’avocate de Jean devra d’ici là apporter des éléments prouvant que la dernière expertise mentale en date n’est plus valide.