Dans la foulée du dernier comité de concertation, des Montoises ont eu l'idée d'organiser une manifestation pour exprimer leur ras-le-bol par rapport aux nouvelles mesures. Mais de manière positive. Elles ont donc lancé un appel pour un rassemblement sur la Grand-Place de Mons ce mercredi qui devait défendre "les droits de tous".

Les démarches ont été entreprises auprès des autorités. Malgré le confinement, manifester reste un droit. Mais il est fortement encadré. Sont théoriquement autorisés les rassemblements statiques de maximum 50 personnes. Dans la pratique, il peut en aller autrement.

Le collège de la zone de police Mons-Quévy annonce en effet qu'il a décidé de ne pas autoriser la manifestation prévue ce mercredi. "Le contexte de ces dernières semaines, notamment les incidents survenus à Bruxelles et en Wallonie, a bien entendu pesé dans l’analyse de la menace", indique le collège de police par voie de communiqué. "De plus, plusieurs milliers de personnes ont exprimé leur souhait potentiel de participer à cette manifestation via les réseaux sociaux. Or, dans le contexte actuel, seules les manifestations statiques de 50 personnes maximum sont autorisées par le gouvernement fédéral. Les probabilités d’infiltration sont bien réelles et l’autorité refuse de prendre le moindre risque de dégradation."

Invoquant "l’ordre public, la sécurité publique ainsi que la sécurité des commerçants, des promeneurs et des biens publics", le bourgmestre, le chef de corps ainsi que la commissaire déléguée à la sécurité publique ont donc décidé de ne prendre aucun risque. Ils rappellent que c'est une première à Mons et que jusqu'à présent, les autorités ont fait preuve d'une certaine latitude.

De l'horeca aux étudiants en passant par la journée internationale des droits des femmes, la Cité du Doudou a en effet été le théâtre de plusieurs manifestations depuis le début de la pandémie. Ironie du sort, celle de mercredi – 673 inscrits et 2100 intéressés sur Facebook mardi soir - entendait défendre le droit de tous, y compris le droit de manifester qui fait partie de l'ADN de nos démocraties. Mais le contexte sécuritaire et sanitaire a conduit de manière inédite les autorités montoises à la fermeté. Signe, s'il en faut encore, qu'il est grand temps de sortir de cette crise qui devient de plus en plus pesante pour beaucoup de monde.