Le manque de personnel ne permet pas de répondre à tous les appels d’urgence.

C’est une situation pour le moins inquiétante et interpellante, puisqu’elle touche à la sécurité publique. Par manque de personnel, le Centre d’information et de communication du Hainaut (CIC Hainaut), qui s’occupe de recueillir les appels d’urgence de la police, risque de ne plus savoir remplir ses missions de manière optimale. "Le problème existe depuis plusieurs années mais a empiré courant 2015 ", explique Jean-Marc Delfosse, secrétaire permanent à la CSC Services publics . "Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir fait plusieurs actions pour tenter de changer les choses et pour sensibiliser sur le manque d’opérateurs 101, de personnel, au Centre d’information et de communication du Hainaut ."

Les chiffres parlent d’eux-mêmes puisque l’équipe se composera, dès mars 2016, de simplement 39 équivalents temps plein alors que, pour répondre à la totalité des appels, il en faudrait 63 précisément. "Il y a une statistique affligeante relative à ce souci de sous-effectif. Si nous comparons l’année 2015 avec l’année 2014, on se rend compte qu’il y a quatre fois plus d’appels non pris par nos calltakers."

Pour Jean-Marc Delfosse, les raisons principales de ce problème d’envergure sont toutes trouvées. "Il y a un manque criant d’effectif, évidemment, mais ce n’est pas tout. À l’origine, nous nous étions mis d’accord pour que 20 % des appels vers le 101 soient pris en charge directement par la police. Aujourd’hui, on se rend bien compte que cela n’est pas du tout le cas. Nous en sommes très loin. Mais nous savons aussi que ces derniers se retrouvent également en situation de sous-effectif. Les policiers se retrouvent donc majoritairement sur le terrain et non pas devant un combiné de téléphone. Ce qui n’enlève rien au caractère urgent de la situation puisque nous enregistrons un nombre croissant de calltakers qui font des burn-out ou qui sont hospitalisés à cause de la pression accumulée."

Cet inquiétant état des lieux induit qu’un certain nombre de citoyens n’ont pas eu d’interlocuteur en ligne afin de répondre à leur urgence. "Le fait de devoir rappeler augmente évidemment le temps d’attente entre le problème du citoyen d’une part, et l’intervention d’une équipe de la police sur les lieux, d’autre part. Imaginez ce qu’une ou deux minutes peuvent changer dans ce genre de cas, c’est tout simplement énorme. Cela peut faire basculer une vie…", s’inquiète le secrétaire permanent à la CSC.

Afin de conscientiser les autorités compétentes, la CSC Services publics mènera une action de sensibilisation via la distribution de tracts qui aura lieu, le mardi 26 janvier de 6 h 30 à 8 h 30, devant le CIC, située au 188, chemin de la Procession, à Mons. Une rencontre est également prévue avec le gouverneur de la Province de Hainaut.