Champion de cross dans sa prime jeunesse, le baron François Duesberg est un fonceur qui ne manque pas d'endurance. C'est ainsi qu'apprenant l'annulation du Doudou, le célèbre collectionneur montois a proposé d'aménager à ses frais l'ancien Office du Tourisme situé sur la Grand-Place. Le projet est déjà en concertation avec la Ville de Mons, mais le baron se dit prêt à le prendre à sa charge pour le faire aboutir dans les plus brefs délais.

"Il est prévu d'y aménager un salon d'apparat exposant divers objets illustrant le combat de Saint-Georges terrassant le dragon. Des objets en ivoire, d'autres en argent. Il y a aussi de très belles porcelaines de Tournai datant de la fin du 18e siècle. Sans oublier les orfèvreries montoises qui comptent parmi les plus prestigieuses au monde, mais on n'en trouve nulle part à Mons", énumère le collectionneur. "Nous pourrions constituer un salon de prestige qui offrirait un peu de réconfort aux Montois à la suite de l'annulation de la Ducasse et qui serait également attractif pour les visiteurs."

Cette nouvelle vie pour l'ancien Office du Tourisme, aujourd'hui fermé, la Ville de Mons et le baron Duesberg en discutent depuis quelque temps. Le collège communal a inscrit un montant au budget 2021 pour mener une étude préalable à l'aménagement des lieux. Le salon de prestige n'est donc pas près d'ouvrir de sitôt. Mais le baron, lui, est prêt à accélérer la cadence.

"Nous avons déjà effectué une première petite vente d'objets auprès de la Galerie moderne qui a rapporté environ 150.000 euros. Une autre va suivre. Je mets tout à disposition de la Ville pour aménager l'ancien Office du Tourisme. Nous avons de bons peintres à Mons qui peuvent rafraichir la salle. Nous apportons le matériel et les protections. Dès cet après-midi, je peux même aller prendre les mesures." Un véritable fonceur.

Il y a quelques semaines pourtant, le baron Duesberg annonçait mettre en vente quelques objets. Une annonce qui sonnait comme un coup de semonce de la part d'un collectionneur qui estime que son musée n'est pas toujours assez soutenu. Mais voilà qu'après une donation de 4.000 objets présentée en fanfare l'an dernier, le baron revient avec un nouveau cadeau pour la Ville. Le fonceur peut aussi être déroutant.

"Ça peut paraître paradoxal", concède le baron Duesberg. "Mais je n'entretiens ni la rancune ni la revanche. Nous voulons convaincre de notre attachement à cette ville, mais pas avec des paroles vaines. Même si la convention est dans un nœud juridique inextricable, j'en respecte scrupuleusement les termes je ne touche pas aux 4.000 objets de la donation. Mais ce musée est plein à craquer et je fais rentrer régulièrement de nouvelles pièces. Les ventes permettent de faire de la place et j'en mets les fruits à disposition de la Ville avec cette proposition d'aménager un salon de prestige. À notre âge, mon épouse et moi-même n'avons plus le temps de tergiverser. Mais nous pouvons tenter un dernier effort de notre vivant." Un fonceur qui ne manque pas d'endurance…

Mais l'ancien Office du Tourisme peut-il reprendre vie en un simple claquement de doigts? Du côté de la Ville de Mons, on nous explique simplement qu'une réunion va être organisée prochainement avec le baron pour envisager "l'ensemble des questions et propositions relatives à la donation, sa mise en œuvre effective par toutes les parties ainsi que les relations entre le baron et le personnel qui est mis à sa disposition."