Des poids lourds dans le centre-ville de Mons? Ce sera à terme de l'histoire ancienne. Sur le site des Bas Prés, un centre logistique urbain (CLU) est amené à sortir de terre. Il permettra aux grands transporteurs de décharger leurs marchandises justes à la sortie de l'autoroute. De plus petits véhicules moins polluants joueront ensuite les relais pour les commerçants du centre-ville.

"C'est un beau projet qui va permettre de réduire les émissions de CO2 et d'améliorer la mobilité en ville", souligne l'échevine Charlotte De Jaer. "Par ailleurs, alors que le commerce en ligne connait un développement important, le CLU pourrait aussi offrir des espaces de stockage utiles aux commerçants qui disposent de cellules trop petites. C'est donc un projet qui va contribuer au développement économique du centre-ville, mais aussi de Jemappes et pourquoi pas de communes voisines avec qui nous sommes en discussion."

Le dossier est passé sur la table du dernier conseil communal pour valider le marché sur l'étude socio-économique préparatoire et la conception du CLU. Avec un peu de retard, ce qui inquiète le conseiller Emmanuel Tondreau (MEM), car les dépenses engagées après le 31 décembre 2023 ne bénéficieraient plus des subsides européens. Des subsides qui pèsent lourd dans la balance avec, aides wallonnes comprises, plus de 3,3 millions d'euros. La Ville de Mons apporte de son côté un montant de 700.000 euros.

"C'est vrai que le dossier a pris un peu de retard, car nous avons analysé si la TVA était éligible aux subsides. Il y a également eu le covid. Il n'est pas impossible que des délais supplémentaires soient accordés pour les fonds européens en raison de la crise sanitaire. De notre côté en tout cas, nous avons établi un planning pour que tout soit bouclé avant la fin de l'année 2023. Le marché des travaux pourrait ainsi être lancé en 2022 et le marché pour l'exploitation suivrait. Il n'est pas nécessaire d'attendre que la dernière pierre soit posée pour trouver un exploitant."

Car c'est bien un partenariat public-privé qui se dessine, le CLU étant amené à être géré par une entreprise privée. Au grand dam du PTB. "C'est un bon projet, mais si c'est rentable pour un privé, ça pourrait l'être pour la Ville. Nous pourrions engager quelqu'un pour s'en occuper", relève John Beugnies (PTB). L'échevine Charlotte De Jaer justifie ce choix par le fait que le métier de logisticien est trop spécifique. Mais elle laisse la porte ouverte à l'introduction de clauses pour bien cadrer le marché de la concession le moment venu.