Certains la prédisent, beaucoup la redoutent. La troisième vague de coronavirus va-t-elle déferler sur la Belgique? Après avoir stagné pendant un certain temps, les chiffres laissaient entrevoir la possibilité d'un déconfinement de certains secteurs toujours à l'arrêt. Mais les indicateurs ont tendance à augmenter de nouveau.

Ce lundi, le taux de positivité est ainsi passé à 6,8%, enregistrant une augmentation de 0,8% en une semaine. Le taux de reproduction est quant à lui établi à 1,17. C'est le variant britannique qui inquiète le plus les experts. Il serait désormais responsable de 43% des transmissions, signe qu'il circule bien sur nos terres. Or, il est beaucoup plus contagieux.

Dans tout le pays, 1.898 lits d'hôpitaux étaient occupés par des patients covid dimanche. Soit une augmentation de 3% par rapport à la semaine dernière. Parmi ces patients, 408 sont traités en soins intensifs. Vendredi dernier, on enregistrait 204 nouvelles hospitalisations en un seul jour alors que la moyenne quotidienne tournait autour de 120 la semaine précédente.

Sans atteindre des raz-de-marée déjà essuyés depuis le début de la pandémie, les hôpitaux enregistrent une pression un peu plus importante. Au CHU de Charleroi, on n'hésite pas à parler de troisième vague. À Mons, la situation n'est pas aussi inquiétante, mais appelle à la vigilance.

"Nous avons actuellement 14 patients covid dont 3 en soins intensifs", nous indique la porte-parole du CHU Ambroise-Paré. "Nous n'enregistrons pas une montée fulgurante. Nous sommes plutôt sur un plateau depuis plusieurs semaines. On nous annonce une troisième vague. Est-ce qu'elle va arriver? Comment va-t-elle arriver? Pour le moment, nous n'en savons rien. Nous analysons les chiffres tous les jours et nous sommes en contact avec nos collègues dans la région. C'est difficile de prévoir la situation dans plusieurs semaines, car les chiffres sont très volatiles. Mais nous restons en alerte et surtout, nous avons désormais une expérience, nous savons comment réagir et nous sommes prêts à mettre un dispositif en place pour augmenter les capacités d'accueil covid si nécessaire."

Tout le monde espère évidemment ne pas devoir passer par là, à commencer par le personnel soignant. "Comme le reste de la population, on ressent au sein du personnel une certaine lassitude. Nous aspirons tous à un retour à la normale. Mais on tient le coup. L'absentéisme par exemple n'est pas plus important que durant la même période l'année passée ou l'année d'avant. La campagne de vaccination se poursuit par ailleurs. Nous avons déjà 1600 personnes qui ont reçu leur première dose. La moitié a déjà reçu la seconde et la vaccination est toujours en cours."

La situation est assez particulière pour le moment entre d'un côté, un variant britannique qui pourrait relancer l'épidémie et de l'autre, une campagne de vaccination en cours, une immunité qui progresse et des conditions climatiques qui s'adoucissent. Reste à espérer que les couacs de cette campagne ne vont pas se multiplier et faire pencher la balance du mauvais côté. Pour l'heure en tout cas, la situation est sous contrôle au CHU Ambroise-Paré.