Après plus de deux années rendues extrêmement pénibles par la crise sanitaire et sa multitude de contraintes, le secteur culturel souffle à nouveau. Le passage en code jaune au début du mois de mars a en effet changé la donne et poussé le public à reprendre le chemin des salles, même si certains spectateurs se montrent toujours frileux à l’idée de reprendre une vie « normale » et à abandonner bon nombre de gestes barrières.

Du côté du Théâtre Royal de Mons, on confirme que le bilan des dernières semaines est globalement positif. "Nous avons vu la différence entre le mois de février, où le masque et le contrôle du CST étaient obligatoires, et le mois de mars où nous sommes passés en code jaune", précise Salvatore Anzalone, directeur. "Nous avons constaté un impact positif sur les ventes, qui sont reparties à la hausse."

Les spectateurs ont donc bien décidé de profiter de ces libertés retrouvées. "Nous avons enregistré très peu de demandes de remboursements, la majorité de notre public a préféré garder ses places. C’est un soutien évidemment précieux pour nous." Et pour les artistes, bien sûr, qui ont parfois dû repousser leurs prestations à plusieurs reprises. De retour sur scène, ceux-ci retrouvent un public qui a malgré tout changé quelques-unes de ses habitudes de consommation.

"Les achats se font un peu plus tardivement en comparaison avec l’avant-crise. On vend davantage dans les dix jours qui précèdent la date de l’événement. On sent que les gens attendent la dernière minute afin d’être rassurés quant au fait qu’aucune nouvelle décision gouvernementale n’entrainera l’annulation de la prestation. Nous ne savons pas si c’est un comportement passager ou s’il s’inscrira sur la durée."

De même, les spectateurs semblent avoir davantage de facilité à se projeter sur le long terme. "Les tickets pour les événements programmés fin d’année 2022-début d’année 2023 partent plus rapidement. On a le sentiment que les gens se disent que d’ici là, la situation sera totalement gérée, que l’on aura appris à vivre avec le virus. Ils sont donc en confiance et n’hésitent pas vraiment à prévoir leur sortie."

De quoi permettre à la structure culturelle montoise d’envisager un peu plus sereinement l’avenir après avoir dû fermer ses portes de longs mois.