L'entreprise Sandermans souhaite construire un hangar. Des centaines de personnes s'y opposent, craignant la dangerosité des produits qui seraient stockés.

C’est un projet qui a déjà fait couler de l’encre, notamment à travers des pétitions remises aux autorités montoises. L’entreprise Sandermans, basée à Ghlin, souhaite étendre ses infrastructures et a déposé un permis pour construire un hangar de stockage. Mais la nature des produits qui seraient stockés, des hydroxydes, inquiète beaucoup de monde.

Nous venons d’apprendre que dans le cadre de la demande de permis, le collège communal a remis un avis préalable négatif. "C’est un dossier pour lequel nous avions déjà exprimé des préoccupations importantes", indique le bourgmestre Nicolas Martin. "Nous avions rencontré des riverains et des entreprises voisines qui nous avaient relayés de manière très étayée leurs craintes par rapport au type de produits qui seraient entreposés."

Le collège a voulu se monter prudent. "Personne ne remet en cause la nature ni la finalité de l’activité de Sandermans", poursuit Nicolas Martin. "Ce qui posait réellement problème, c’est la nature des produits, sachant qu’il n’existe pas de risque zéro. Nous sommes très proches d’habitations et d’une entreprise importante. Par les temps qui courent, mieux vaut faire preuve de trop prudence que pas assez. D’autant plus que Ghlin est déjà entourée d’activités qui ne sont pas destinées à cohabiter avec un noyau urbain."

Si la nature des produits est la principale pierre d’achoppement, d’autres éléments n’ont pas plaidé en faveur de l’entreprise. L’avis du collège mentionne ainsi des manquements déjà observés pour des demandes de permis antérieur, comme le respect des itinéraires de circulation interne au site, l’exploitation le samedi, l’absence de mise en œuvre de panneaux acoustiques, l’arrêt du moteur lors des phases de chargement et de déchargement… "Ça veut dire que l’entreprise pose déjà problème pour le voisinage maintenant et c’est pénalisant pour des demandes de permis ultérieures", ajoute le bourgmestre. "Nous reprochons aussi à l’entreprise de ne pas avoir proposé de sites alternatifs. Il n’y a en outre aucune plus-value pour l’emploi avec ce projet. Nous pensons qu’un autre emplacement pourrait être raisonnablement étudié. De manière générale, il est préférable de rapprocher les sites de production des sites de stockage."

C’est une première victoire pour les centaines de personnes mobilisées contre ce projet. Mais la procédure n’est pas terminée. "Le dossier est parti à la Région wallonne qui va compiler les avis rendus par les différentes instances", explique Maxime Pourtois, échevin de l’Urbanisme. "Une fois ce compte rendu établi, la demande de permis reviendra à la Ville de Mons qui rendra un avis définitif." Des éléments pourraient donc faire changer d’avis la Ville. Mais sauf coup de théâtre, les autorités montoises devraient refuser le permis. Les riverains mobilisés devront encore attendre un bon mois pour être fixés.