L'œuvre laissera un vide conceptualisé par l'artiste Arne Quinze.

C'était écrit, le Passenger n'est que de passage à Mons. Les jours de l'œuvre monumentale sont comptés, son démontage aura lieu entre juillet et septembre 2020, indique la Fondation Mons 2025.

Avant même sa construction, le Passenger avait défrayé la chronique avec son coût estimé à 400.00 euros. Certains estimaient que c'était bien cher pour une œuvre éphémère. Le sort avait ensuite joué un mauvais tour à l'imposante sculpture de bois. En décembre 2014, quelques semaines avant le coup d'envoi de Mons 2015, l'un des projets phare de la capitale culturelle s'effondrait en partie. L'artiste Arne Quinze devait alors démonter la structure pour en reconstruire une nouvelle qui était inauguré en octobre 2015, à ses frais.

Depuis, le Passenger a pris ses marques. "Ça apportait du cachet à la rue de Nimy qui avait déjà été rénovée", estime une passante. "On voit souvent des gens s'arrêter pour prendre des photos. Dommage qu'il faille le démonter. Ça va laisser un vide." Un autre estime au contraire que la rue sera plus nette après. "Je n'ai rien contre la sculpture, mais je pense que ça fera du bien de retrouver la rue dégagée."

Quels que soient les avis sur l'œuvre d'Arne Quinze, une chose est sûre, le Passenger laissera un vide après son démontage. C'était d'ailleurs voulu par l'artiste. "Le contrat portait sur une œuvre éphémère", rappelle Caroline Kadziola, secrétaire générale de la Fondation Mons 2025. "Le vide que l'installation va créer après son départ fait partie de ce concept artistique."

Si l'idée avait été évoquée, une reconduction du contrat n'est plus à l'ordre du jour. A l'été 2020, l'équipe d'Arne Quinze procèdera au démantèlement de l'œuvre. Reste à savoir ce que deviendront les quelque 30.000 planches qui composent le Passenger. "Nous avions imaginé plusieurs possibilités comme les réutiliser pour un autre projet ou les distribuer aux Montois. Rien n'a été décidé, c'est quelque chose dont nous devons encore discuter avec l'artiste", indique Caroline Kadziola.

En tout cas, les planches ne seront pas récupérées pour créer un Passenger Ter ailleurs à Mons. Après l'été 2020, la Cité du Doudou aura tourné pour de bon la page du Passenger. Mais pas celle de l'art en rue. "Nous avons envie de poursuivre sur cette lancée pour faire sortir l'art des musées. C'est tout l'objet de notre projet L'art habite la Ville qui sera bientôt lancé. L'idée est d'occuper la cité avec des installations et des fresques, en dehors des lieux culturels traditionnels", conclut la secrétaire générale de la Fondation Mons 2025.