Le test de la piste cyclable de la rue des Barbelés a rappelé à quel point la mobilité est un sujet épineux dans la Cité du Doudou. L'an dernier d'ailleurs, Mons se classait dans le top 3 des villes les plus embouteillées de Belgique selon le classement TomTom. Une "prouesse" imputable au chantier de l'autoroute A7 évidemment, Mons est redescendue dans le classement depuis. Mais ces travaux et leurs déviations qui encombraient les routes montoises ont montré à quel point l'équilibre est fragile dans la ville.

Et pour cause, on compte dans la Cité du Doudou plus de 12.000 voitures de plus au cours des dix dernières années selon les statistiques wallonnes. Le besoin de mettre de l'ordre sur les routes se fait donc pressant. C'est tout l'objet du Plan communal de Mobilité (PCM) or ce plan, on planche dessus depuis presque huit ans sans que personne n'en ait encore vu la couleur. Si bien qu'Hervé Jacquemin de Mons en Mieux a déposé une motion lors du dernier conseil pour s'inquiéter de savoir où en était l'élaboration de cet outil crucial et proposer un moratoire sur les grands changements de mobilité en attendant le PCM.

Interpellée sur le sujet, l'échevine Charlotte De Jaer a refait le point sur la procédure en cours et a annoncé que le PCM serait prêt pour mars 2021. "Quand j'ai pris mes fonctions en décembre 2019, j'ai immédiatement contacté le bureau d'étude qui avait été désigné", a expliqué l'échevine. "Malheureusement, entre-temps, le bureau travaillait sur le Plan urbain de la Ville de Liège. Nous n'avons donc pu commencer l'étude, prévue pour une durée de 18 mois, qu'en septembre 2019."

Le travail est donc en cours et suit plusieurs étapes. "Un portrait du territoire a tout d'abord été dressé", poursuit Charlotte De Jaer. "Il a été approuvé par le collège en juin 2020, tout comme les choix des mesures à haut impact. Ces mesures portent notamment sur la création d'un observatoire de la mobilité, un bureau du temps pour aplanir la courbe du trafic, un plan de déplacement pour les travailleurs de la ville ou encore un réseau cyclable structurant. Le PCM ne sera pas une bible qui va analyser rue par rue ce que l'on va faire. Il va donner de grands principes par rapport à ces mesures à haut impact. L'ancien PCM était un plan de circulation dont on n'a rien fait pendant seize ans. Ici, on rentre dans le concret avec la concertation des acteurs concernés comme les commerçants ou les écoles. Il n'y a donc pas lieu d'imposer un moratoire en attendant le PCM. Ça fait six ans qu'on l'attend, il reste encore six mois. Le bout du tunnel n'est plus très loin et en attendant par exemple, on ne va pas retarder la construction d'une nouvelle sortie sur le ring."

Du côté de l'opposition, on regrette que les premières phases soient passées exclusivement par la table du collège. Si les commerçants, les écoles et autres acteurs de terrain concernés sont consultés, on souhaite également que les conseillers soient mis au parfum. L'échevine Charlotte De Jaer a indiqué que le portrait du territoire dressé par le bureau d'étude pourrait être présenté aux élus. Quant au PCM, il passera bien entendu par la case du conseil communal… le moment venu!