Mons

Les magistrats et le personnel judiciaire ont aussi manifesté à Mons dans le cadre de la Journée de la Justice.

Ce mercredi était décrété “Journée de la Justice” par le pouvoir judiciaire qui réclame plus de moyens auprès des autorités politiques. À Mons comme ailleurs, les magistrats et le personnel judiciaire ont débrayé dès 11h30.

C’est devant un Palais de Justice en piteux état que les manifestants se sont rassemblés pour dénoncer une situation préoccupante. Le pouvoir judiciaire fustige un manque d’investissements criant qui se traduit par des bâtiments délabrés, un manque d’effectifs et une surcharge de travail, du matériel inadapté… Bref, des conditions de travail déplorables qui pénalisent également les citoyens et présentent des signes inquiétants sur l’état de notre démocratie.

Le procureur du Roi de Mons-Tournai, Christian Henry, a notamment revendiqué des outils informatiques plus modernes. “Nous avons un magistrat qui a démissionné en juillet, il n’a toujours pas été remplacé”, nous confie la vice-présidente du tribunal du Travail. “Qu’est-ce qui se passe ? Ce sont les autres magistrats qui comblent le vide. Par ailleurs, les départs à la pension ne sont pas anticipés. Tout cela crée une surcharge de travail énorme. À tel point que nous avons peur de tomber malade pour ne pas pénaliser davantage nos collègues.

De son côté , le bâtonnier Jean-Emmanuel Barthélemy a souligné qu’avec l’approche des élections, le moment était opportun pour non seulement réclamer plus de moyens, mais aussi porter un débat de fond sur la Justice.

Quelle place doit occuper le pouvoir judiciaire ?”, interroge cet avocat. “Nos démocraties sont marquées par la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire. Mais il y a eu un manque d’investissement flagrant dans le pouvoir judiciaire. Comme si le politique avait peur du pouvoir des juges. Nous voyons le résultat aujourd’hui, c’est l’État de droit qui est menacé.

Cette Journée de la Justice donne le coup d’envoi de 66 jours d’actions annoncés dans tout le pays pour obtenir un refinancement du pouvoir judiciaire.