Ça n'arrive pas tous les jours, mais certaines motions déposées au conseil communal de Mons par l'opposition dépassent parfois les clivages politiques pour être approuvées à l'unanimité. C'est le cas du texte soumis par Guillaume Soupart (Mons en Mieux) pour la création d'un refuge pour les personnes LGBT+. Le conseiller se réjouit encore que la proposition ait été acceptée. Le hic? C'était il y a un an et depuis, pas la moindre trace du refuge à l'horizon.

"Pour rappel, un tel refuge a pour objet de prévenir l’isolement et le suicide des jeunes LGBT+, de 18 à 25 ans, victimes d’homophobie ou de transphobie et en situation de rupture familiale", explique Guillaume Soupart qui interpellera la majorité lors du prochain conseil. "Depuis 16 ans, l’association Le Refuge en France héberge et accompagne ces jeunes majeurs vers leur reconstruction émotionnelle et matérielle."

Évidemment, la crise sanitaire est venue déjouer les bonnes intentions des autorités montoises. "La motion a été approuvée il y a un an et début 2020, nous avons commencé à travailler sur ce projet avec le collectif Amormos qui réunit de nombreux acteurs de terrain à Mons dans la lutte contre l'homophobie", indique Marie Meunier, présidente du CPAS. "Le point a été abordé lors de la réunion de ce collectif début 2020 afin que les acteurs de terrain puissent par la suite faire remonter les besoins. Chaque association devait y travailler en interne pour ensuite faire remonter les informations. Mais le collectif Amormos n'a plus eu l'occasion de se réunir depuis. Chaque structure a dû gérer la crise en son sein durant cette année particulière et de son côté, dont le CPAS qui doit faire face à une forte urgence sociale."

Guillaume Soupart comprend sans surprise que la crise a mobilisé les efforts, mais il relève que le contexte actuel souligne d'autant plus la nécessite d'un tel refuge à Mons, comme il y a en a déjà à Bruxelles ou à Liège. "En effet, le confinement complique le quotidien de certaines personnes LGBT+, en particulier pour celles et ceux qui se retrouvent confinés sans échappatoire avec des proches homophobes, biphobes ou transphobes", poursuit le conseiller de Mons en Mieux. "Il n’est plus possible de se retrouver avec d’autres membres de la communauté LGBT+ à cause de la distanciation sociale. Ce constat a été également appuyé par le Défenseur des Droits français en avril 2020 qui rappelait que les filles et les jeunes LGBT+ sont les plus touchés par les violences intrafamiliales."

Le collectif Amormos devrait pouvoir bientôt se réunir à nouveau et le dossier du refuge sera à l'ordre du jour, explique la présidente du CPAS. En attendant, il existe déjà un dispositif permettant de prendre en charge les personnes LGBT+ qui se retrouveraient dans une situation indélicate. "Nous avons un dispositif d'urgence au CPAS qui peut toujours être activé en tenant compte du contexte particulier dans lequel nous sommes. Mais il n'y a pas eu de demande en 2020", conclut Marie Meunier.