La convention permettant de pérenniser le musée Duesberg à Mons a été signée hier à Mons

C’est une date historique pour la Ville de Mons. Hier, mercredi 29 novembre, le bourgmestre Elio Di Rupo, le gouverneur Tommy Leclercq et les barons Duesberg ont signé la convention qui a pour but de pérenniser le célèbre musée des Arts décoratifs dans la Cité du Doudou.

À travers cette convention, les époux Duesberg s’engagent à léguer leurs collections à la Fondation Emile Cornez, qui devient la Fondation baronne et baron François Duesberg. Cette fondation aura par ailleurs pour obligation de préserver les collections à Mons, et de les faire vivre en coordination avec les services de la Ville.

Pourquoi cette date est-elle à marquer d’une pierre blanche ? D’abord parce que le musée Duesberg est un véritable joyau. S’il mérite d’être plus connu encore du grand public de la région, il jouit déjà d’une solide réputation internationale. Le Guide Michelin l’a gratifié de six étoiles. Le Petit Futé le compare au Louvre ou au musée de l’Ermitage. Le secrétaire de Pierre Bergé avait même déclaré qu’il s’agissait du musée le plus riche du monde au m2.

Or l’incertitude a longtemps plané sur l’avenir de ce musée qui a ouvert ses portes à Mons en 1994. Les relations entre les Duesberg et la Ville ont connu quelques hauts et beaucoup de bas. Le musée n’avait plus de statut officiel. Plusieurs grands musées internationaux et autres promoteurs lançaient des appels du pied au baron pour acquérir une partie de ses collections. Un projet de convention entre la Ville et les époux, sous l’égide de la Fédération Wallonie-Bruxelles, n’avait pas abouti. Le risque était donc de voir les trésors du musée Duesberg éparpillés aux quatre coins du monde.

Il aura fallu le talent du gouverneur Tommy Leclercq pour gagner la confiance du baron Duesberg et enfin accoucher de cette convention qui permet de maintenir à Mons le patrimoine exceptionnel du musée. "Nous honorons ainsi l’objet social de cette fondation d’utilité publique qui est de promouvoir l’excellence dans le Hainaut", commente le gouverneur.

"Nous sommes fiers d’avoir pu, avec peu de moyens, créer ce musée à travers lequel le nom de Mons rayonne partout dans le monde", commente le baron François Duesberg. "À travers lui, nous voulons aussi lancer un message d’espérance. Il faut s’accrocher et toujours s’accrocher pour aller au bout de ses rêves."

En ouvrant les portes du musée à Mons il y a près de 25 ans, les époux Duesberg rêvaient que la beauté du travail des plus grands artisans du XVIIIe et du XIXe resplendisse dans la région "tel un phare dans la grisaille". Les mécènes s’y sont attelés sans relâche, pouvant compter dans leur travail quotidien sur le soutien indéfectible de Patricia et Marie-Ange qui officient au musée depuis plus de vingt ans. Aujourd’hui, avec la Fondation Duesberg, le rêve des deux mécènes se voit immortalisé sur les terres montoises.