Les grilles du théâtre royal de Mons sont fermées depuis le mois de mars et ne sont pas près de rouvrir. Le contexte sanitaire de la deuxième vague n'est évidemment pas propice à raviver l'espoir du secteur événementiel. Pourtant, à Mons, une dérogation du bourgmestre permettait aux grandes salles de dépasser le seuil des 200 places pour les événements intérieurs. Mais elle n'a pas permis au théâtre royal de relancer l'activité.

"La dérogation n'a malheureusement rien changé. Comme le Cirque royal, le Forum de Liège ou d'autres grandes salles qui ont l'habitude de recevoir des vedettes de la variété populaire, nous n'avons pas pu rouvrir", explique Salvatore Anzalone, directeur du théâtre royal de Mons.

Avec une capacité normale d'un peu plus de 1000 places, le théâtre royal aurait pu accueillir quelque 600 spectateurs grâce à la dérogation accordée en septembre. Mais ce n'est pas suffisant pour pouvoir rouvrir. "Nous avons un triple problème", poursuit Salvatore Anzalone. "Il y a tout d'abord les spectacles qui étaient déjà complets et pour lesquels on ne peut pas demander à 600 personnes de venir tout en demandant à 400 autres de rester à la maison. Il y a ensuite les productions qui ne sont pas rentables à 600 places. Il faudrait qu'elles atteignent 85% de la capacité du théâtre. Ce n'est pas possible pour le moment et elles préfèrent donc reporter. Il y a enfin des spectacles qui ne sont pas encore annulés, mais qui ne sont pas suffisamment avancés au niveau de la billetterie, parce que les gens attendent avant de réserver leur place, par crainte que l'événement soit reporté. Or, nous ne pouvons pas attendre un jour ou deux avant la date pour voir s'il y aura assez de monde ou pas. Les reports et les annulations doivent se décider plus tôt."

Et les reports et les annulations s'enchaînent de jour en jour sur la page Facebook du théâtre royal. "Je pense que nous ne pourrons pas avoir de perspectives positives avant la fin de l'hiver qui n'est jamais une bonne période pour les maladies. Nous nous sommes faits à l'idée que la saison 2020-2021 sera une saison blanche. Nous espérons que nous pourrons repartir dans de meilleures conditions la saison prochaine avec d'ici là un vaccin ou des conditions sanitaires différentes. Ce qui me fâche dans tout ça, c'est que généralement, on demande de respecter la distanciation sociale ou le port du masque. Mais pour les salles de spectacle, on impose les deux. Dans les avions ou les TGV, les gens peuvent être assis les uns à côté des autres avec un masque, mais pas dans nos salles. C'est râlant. D'autant plus que cette maladie n'est pas si dangereuse en soi, c'est surtout la capacité des hôpitaux qui pose un problème. Nous payons sans doute un manque financement des soins de santé."