Bouchez voit le transfert d'un bon œil. Les syndicats demandent des garanties.

De grands changements sont annoncés en matière de politique sociale à Mons. Le CPAS entend en effet transférer ses maisons de repos, ses crèches et son service d'aide à domicile à l'intercommunale du CHU Ambroise-Paré. Une façon de contourner les balises budgétaires imposées par le plan de gestion à la Ville pour pouvoir investir dans des structures bien nécessaires. Le CPAS pourrait en outre se recentrer sur ses missions et débloquer des moyens pour développer de nouveaux projets.

Les autorités montoises ont indiqué que des premières discussions ont été entamées avec les syndicats. Elles assurent déjà que les travailleurs concernés ne perdront ni leur statut, ni leurs avantages sociaux. Les syndicats nourrissent quelques craintes malgré tout. Principalement à cause de la réforme sur les réseaux hospitaliers.

"Nous consulterons nos délégations au CPAS et au CHU Ambroise-Paré pour étudier la faisabilité du projet", indique Serge De Prez, secrétaire permanent CSC. "Mais il y a un préalable. Pour nous, pas question de transférer du personnel des services publics, en l'occurrence le CPAS, vers un pôle qui pourrait être privatisé. Avec la fusion des hôpitaux, les nouveaux pôles vont devoir choisir un statut: public, privé ou hybride. Si le pôle hospitalier est privé, nous nous opposerons au transfert du personnel du CPAS. Nous défendons l'emploi public. Même si les autorités montoises veulent maintenir une structure publique et garder un œil sur les services transférés, elles n'ont pas toutes les cartes en main. Le pôle hospitalier, ce n'est pas uniquement Ambroise-Paré. Jolimont et Tivoli devront aussi se prononcer sur le choix du statut. J'apprécie la volonté affichée à Mons de maintenir une structure publique, mais c'est à la fin du bal qu'on paie l'addition."

Même inquiétude dans les rangs de la CGSP où l'on veut garantir que les activités transférées par le CPAS resteront dans la sphère publique. "La structure du nouveau réseau hospitalier sera privée, ce sera une ASBL. Mais nous voulons que les activités transférées par le CPAS restent dans le giron de l'intercommunale et ne soient pas privatisées", souligne Laurent Dufrasne, secrétaire interrégional de la CGSP. "Les autorités montoises nous ont donné des garanties sous forme d'intentions, les activités resteraient publiques en créant un département au sein de l'intercommunale. Mais nous souhaitons que ces garanties soient gravées dans le marbre."

Dans les rangs de l'opposition, Mons en Mieux voit la réforme d'un bon œil. "C'est une demande que nous faisions depuis longtemps, pour permettre au CPAS de se recentrer sur ses missions", comment Georges-Louis Bouchez. "C'est aussi intéressant pour l'hôpital qui va pouvoir développer une offre cohérente de services. Ça rejoint d'ailleurs la volonté du gouvernement. La prochaine étape sera de développer un bassin de soins de santé pour Mons-Borinage en évitant la concurrence stérile entre Saint-Joseph et Ambroise-Paré. Une diminution des coûts de gestion permettra d'avoir plus de moyens au service des patients."