Les effets de la crise sont déjà bel et bien palpables au CPAS de Mons où les aides sociales d'urgence explosent. "Alors que nous n'avions encore que 131 demandes en juin, à la sortie du premier confinement, nous avons à présent passé le cap des 2.000. D'habitude, nous sommes autour des 400", indique Marie Meunier, présidente du CPAS. "Ces aides touchent un public différent, avec notamment des indépendants qui traversent des difficultés ou des étudiants qui ont perdu leur job."

Comme tous les autres CPAS du pays, celui de Mons peut compter sur une enveloppe spéciale du fédéral. Un subside de deux millions d'euros lui a ainsi été octroyé pour couvrir jusqu'à la fin de l'année 2021 ces aides d'urgence très spécifiques et liées à la crise.

Mais il y a aussi les demandes de revenus d'intégration sociale (RIS) qui augmentent. Là encore, le fédéral intervient pour partie. Mais quelque 30% reposent sur les pouvoirs locaux. Et ces chiffres s'envolent eux aussi. Le nombre exact de nouveaux RIS doit être arrêté pour le budget, mais Marie Meunier confirme déjà qu'ils sont également en nette augmentation.

Plus de demandes, c'est aussi plus de dossiers à traiter. Or les conditions de travail ne sont pas évidentes pour les agents du CPAS. "Confinement ou pas, l'aide sociale doit pouvoir s'effectuer en tout temps. Les travailleurs sociaux et les agents de première ligne ne ménagent pas leurs efforts. On parle beaucoup du personnel soignant, à juste titre, mais eux aussi jouent un rôle essentiel dans cette crise. La situation n'est pourtant pas simple. C'est un métier qui, par son essence même, repose sur le contact humain. Le confinement implique donc des difficultés et de la frustration."

On le voit par l'exemple montois, la crise sanitaire et ses conséquences pèsent de plus en plus lourd sur les épaules du CPAS. Un problème de taille dont il faudra tenir compte dans l'élaboration du budget qui sera présenté le mois prochain. Dans la Cité du Doudou, le CPAS travaille justement au transfert de certains services (maisons repos, crèches et aide à domicile) vers l'intercommunale Ambroise-Paré dans le but de se concentrer sur l'aide sociale. La situation requiert en effet tous les efforts possibles. Mais cela ne sera pas suffisant. Marie Meunier plaide donc pour un refinancement des CPAS. "Pouvoir utiliser une partie de l'enveloppe covid octroyée par le fédéral pour les frais de personnel s'avèrera aussi nécessaire. Ce n'est actuellement pas possible, alors que la crise entraîne une augmentation de la charge de travail", conclut la présidente.