Le chantier de rénovation de la rampe Sainte-Waudru est délicat à Mons. Remplacer les pavés qu'arpente le Car d'Or à chaque Ducasse n'est déjà pas une affaire à prendre à la légère. Surtout, la voirie historique qui borde la collégiale peut regorger dans ses entrailles quelques trésors.

Des ossements ont d'ailleurs été découverts il y a quelques jours lors des travaux. Et ce n'est pas vraiment une surprise. Dès l'annonce du chantier, la Ville de Mons et l'Agence wallonne du Patrimoine, l'AWAP, s'étaient mises d'accord pour assurer un suivi durant les travaux. Les archéologues ne devraient donc pas passer à côté d'éventuelles trouvailles.

La députée Joëlle Kapompole s'en est inquiétée en commission parlementaire auprès de la ministre Valérie De Bue. "Des ouvriers ont découvert des ossements lors des travaux de rénovation. Selon les archéologues présents sur place, vu la configuration de la tombe à encoche céphalique, il s'agirait d'une dépouille du 13e siècle", a expliqué Joëlle Kapompole. "Des recherches et des sources historiques vont plus loin et attesteraient d'une présence humaine sur ce site dès le 7e siècle. Ce qui veut dire que d'autres découvertes plus importantes pourraient être réalisées avant la fin du chantier."

La ministre a confirmé que les archéologues avaient toute latitude pour effectuer leur travail. "Le secteur est sensible sur le plan du patrimoine et fait l'objet d'un suivi depuis plusieurs années. Dès l'annonce du chantier, l'AWAP a préconisé la réalisation d'un suivi archéologique, et un protocole d'accord a été conclu avec la Ville de Mons le 1er juillet. Il prévoit une présence archéologique pendant toute la durée des travaux ainsi que la possibilité de suspendre les décaissements sur une partie ou tout le chantier. L'objectif est de permettre la réalisation des relevés et des fouilles nécessaires à la sauvegarde des données patrimoniales", a indiqué la ministre du Patrimoine. "À ce stade, des structures construites et des sépultures ont été mises au jour. Les opérations bénéficient de la pleine collaboration de l'entreprise et du maitre d'ouvrage."

Joëlle Kapompole a également profité de l'occasion pour venir aux nouvelles des dégradations commises sur du mobilier de la collégiale Sainte-Waudru. Pour rappel, durant le confinement, un ouvrier de la fabrique d'église avait effectué des travaux de rénovation en utilisant des méthodes peu orthodoxes et sans que l'AWAP ne soit avertie. "Une procédure patrimoniale a été entamée par la fabrique d'église pour procéder à la régularisation de la situation et déterminer les opérations à réaliser. Il incombe à la fabrique de proposer un restaurateur spécialisé qui sera examiné par le comité d'accompagnement", a répondu la ministre De Bue.