Ce mardi matin étaient réunis les représentants et des aide-ménagères membres de la Centrale Générale FGTB Mons-Borinage et de la CSC Alimentation et services devant les locaux de l’agence intérim Tempo Team située dans le zoning commercial de Maisières. En front commun, syndicalistes et aide-ménagères ont dénoncé les inégalités et les violences morales dont sont victimes les femmes de ménage au quotidien. Lors de cette opération coup de poing, de la mousse a été répandue sur les portes d’entrée des bureaux de Tempo Team. Une manière pour ces travailleuses d'espérer un minimum d'attention.

"C'est un métier très physique, les clients ne se rendent pas compte de ce qu'ils nous demandent. Pour eux, on claque des doigts et tout est fait comme avec une baguette magique", explique Maria, aide-ménagère et membre de la Centrale Générale FGTB Mons-Borinage. "Ils croient que nous sommes des machines et nous en demandent de plus en plus en un temps court. Parfois, nous sommes un peu plus performants parfois un peu moins en fonction de notre fatigue et du coup quand nous sommes performants, on nous rajoute des tâches et quand on est moins performants, ça ne plait pas forcément. Beaucoup de clients nous prennent vraiment pour des boniches ! Nous voulons que la vision du métier change, nous sommes là pour aider et pas pour tout faire à la place des gens. Les salaires ne sont pas terribles en fonction du travail demandé".

Le métier d’aide-ménagères concerne majoritairement les femmes qui, souvent, sont isolées et ont des enfants à charge. Face à l’augmentation grandissante du prix du carburant, du prix de l’énergie ou encore au prix de la nourriture, certaines doivent parfois choisir entre manger ou se soigner. Elles reprochent donc un manque cruel de reconnaissance et une compensation salariale dérisoire. Cela fait plusieurs mois que des actions sont menées afin qu'un accord soit trouvé entre employeurs et salariés.

"C'est encore une journée comme celle-ci dans le secteur des titres-services et les employeurs doivent savoir que ce n’est pas la dernière", explique Sébastien Dupanloup, secrétaire fédéral de la Centre Générale FGTB. "C’est notre 10ème journée d’action, cela fait plus de 6 mois qu’il n’y a pas d’accord sectoriel dans ce secteur. Cela fait plus de 6 mois que les employeurs connaissent nos revendications, à savoir un remboursement correct des frais de déplacement. Ils remboursent 90% de la carte train, ce n’est même pas les frais réels. Ces employeurs, affiliés à Federgon, refusent toute augmentation de salaire. Nous sommes dans un secteur où il y a 70% des subsides par heure de travail qui sont octroyés par la Région aux entreprises. Elles préfèrent dégager des bénéfices, faire des réserves et octroyer des dividendes que de donner un salaire digne à des femmes. La seule chose que dit Federgon c’est d’attendre de recevoir de l’argent public et à ce moment-là d’augmenter les salaires. Ca, c’est non !".

Reconnu comme métier essentiel lors de la pandémie, le métier de femme de ménage n'a pourtant vu aucune évolution depuis. Payées en moyenne 11€ de l'heure, ces travailleuses tiennent à rappeler que si un salaire trop bas ne leur permette plus de mettre de l'essence et donc d'aller travailler, la perte d'argent sera également conséquente pour les agences intérim qui les emploient. "Tempo Team emploie des aides ménagères et les exploite. Déjà nous nous ne sommes pas payés vraiment ni reconnus pour le travail fourni mais Tempo Team exploite franchement les aide-ménagères. Nous revendiquons également pour tout le monde un remboursement des frais de déplacement. On ne nous les paye même plus et comme nous sommes sous-payées, nous devons presque payer pour travailler !"