C'est le séisme politique qui a secoué la Cité du Doudou ce week-end. Le PS a décidé d'exclure John Joos. Une décision qui a fait réagir. Mons en Mieux a été le premier à dégainer, Georges-Louis Bouchez ne manquant pas de relever qu'en perdant un siège, le PS perdait sa majorité absolue.

Mais pas de quoi révolutionner la majorité pastèque. PS et Ecolo disposent toujours de 28 sièges sur 45, dont 22 pour les socialistes. "La majorité absolue du PS était déjà très limite à la base, ce qui nous avait valu un accord de majorité équilibré", commente Charlotte De Jaer d'Ecolo. "De manière générale, les guerres intestines ne sont jamais positives pour l'image de la Ville, mais cela regarde le PS. De notre côté, ça ne va pas changer grand-chose, nous allons continuer à avancer avec cet accord de majorité qui reflète les sensibilités des deux partenaires."

Du côté du PTB, on estime qu'il y a bien plus urgent. "Qu'ils se débrouillent avec leur lutte des places", lance John Beugnies. "Au PTB, ce sont les principes avant les personnalités. On préfère consacrer toute notre énergie avec l'aide des Montois pour pousser la ville à apporter des réponses aux questions urgentes, comme un plan de lutte contre la pauvreté, la mobilité en centre-ville, le logement ou la crise sanitaire. Au lieu de ça, il y a des luttes internes à cause d’une guerre d’ego et d’une lutte pour avoir telle ou telle place."

À présent, John Joos devrait siéger comme conseiller indépendant. Tout comme David Bouillon qui a quitté Mons en Mieux. "Il est regrettable pour la population montoise de constater à quel point la démocratie locale est bafouée par la particratie. Pour moi, il s’agit d’un mépris de plus pour les citoyens, la liberté de choix qu’ils ont porté aux élections et le respect de leurs droits. Alors que nous vivons une crise liée au Covid-19 qui a largement touché la santé physique mais également morale des citoyens, cette manœuvre politicienne et les déclarations des différents groupes qui en ont découlé étaient-elles nécessaires et constructives?", s'interroge David Bouillon qui estime que les prises de parole de John Joos au conseil étaient "toujours constructives, empathiques et dans l'intérêt des citoyens".

Agora-CDH n'est pas surpris par ce divorce. "Nous avions été surpris que Citoyen et John Joos soient sur une liste commune avec le PS", indique Yves André. "Des contradictions étaient très vite apparues. Nous pensions qu'elles avaient été apaisées lors de la dernière réunion du groupe PS. Nous avons tout de même été surpris que cela se produise si rapidement, samedi. Je n'ai pas l'impression toutefois que la majorité sera remise en question pour autant."