Le chancre du Passage du Centre, y en a marre. C'est le message que fait passer la Ville de Mons en activant sa taxe sur les immeubles inoccupés à l'encontre des propriétaires de l'immeuble, fermé depuis le mois de novembre 2020.

Cette fermeture avait été décidée par la Ville pour des raisons de sécurité publique: un rapport des pompiers datant de 2017 avait mis en lumière un état de délabrement avancé du bâtiment et les autorités communales avaient par la suite découvert que l'immeuble n'était plus assuré, alors qu'il était toujours ouvert au public.

En activant cette taxe, la Ville poursuit un objectif: la disparition du chancre. Elle espère que cela poussera les propriétaires à "prendre leurs responsabilités, soit en rénovant eux-mêmes le site, soit en le vendant à d’autres qui pourront s’en charger."

Concrètement, c'est une taxe par mètre carré qui s'applique et son montant sera évolutif sur trois ans: 25€ la première année, 50€ la deuxième, et 75€ la troisième et les suivantes. Cela représente, pour le Passage du Centre, un montant global de 70 000€ pour cette première année (2021), avec une perspective supérieure à 200 000€ à partir de la troisième année. Les propriétaires vont donc recevoir les premières demandes de paiement.

La Ville considère avoir fait preuve de patience et de volontarisme avant d'en arriver à cette décision. "Bien qu’il s’agisse d’un bien privé (détenu par plus d’une vingtaine de propriétaires différents, regroupés au sein d’une copropriété), la Ville de Mons avait, avant de prendre l’arrêté de fermeture, proposé d’investir 9 millions d‘euros pour réhabiliter la galerie, avec des subsides européens. Mais conformément aux règles européennes, ces subsides devaient s’accompagner d’une contribution des propriétaires, qui devaient apporter 10% du montant total."

Une prise en charge qui avait été refusée par la copropriété. Par la suite des investisseurs privés s'étaient manifestés, mais tous ont fini par renoncer. De leur côté, certains propriétaires évoquaient des offres d'achat dérisoires. Mais aujourd'hui, "la Ville étant en plein processus de redynamisation de son centre-ville, il était inenvisageable de laisser les choses en l’état", affirment les autorités communales.

Lors de sa fermeture, 10 commerces étaient établis dans le Passage du Centre, 8 ont pu retrouver un nouvel emplacement et 2 n’ont pas donné suite aux aides proposées par la Ville. Pour ce qui est des logements, sur les 8 locataires encore présents à l’époque, la moitié a été relogée via l’AIS, 3 ont trouvé des solutions de relogement par leurs propres moyens et un n’a pas donné suite aux aides proposées.