Du soulagement, de la satisfaction. Ces deux sentiments animent les acteurs du secteur culturel depuis ce mardi soir, alors que le Conseil d’État suspendait l’obligation de fermeture du secteur, imposée par le comité de concertation du 22 décembre dernier. L’arrêté royal doit encore être adapté mais les théâtres et les cinémas n’ont pas attendu pour annoncer la bonne nouvelle et procéder à la réouverture des salles, à l'exception de celles du théâtre royal de Mons, qui avait fermé à cause de la limitation d'accueil de 200 personnes.

"Nous sommes soulagés et n’allons pas bouder notre plaisir !" se réjouit Philippe Degeneffe, directeur général de Mars – Arts de la Scène et président de la Fédération des Employeurs des Arts de la Scène. "D’autant que la décision du Conseil d’État est tombée quelques heures après notre rencontre avec Franck Vandenbroucke, qui avait catégoriquement refusé l’organisation d’un nouveau comité de concertation."

Et de poursuivre : "Par cette décision, le conseil d’État admet que nous ne sommes pas des lieux de haute contamination, il remet la culture à la place qui est la sienne." Pour autant, il ne s’agit pas d’une victoire sur toute la ligne. Les protocoles en vigueur avant le dernier comité de concertation restent d’application. Les structures sont donc toujours limitées à l’accueil d’un maximum de 200 personnes.

"C’est une mesure que nous avions déjà contestée, sans pour autant aller en justice. Nous allons voir ce qu’il y a lieu de faire, mais il n’est pas normal qu’une salle capable d’accueillir 500 personnes soit limitée à 200." Des revendications qui sont partagées par les opérateurs de salles de cinéma. "Un accueil de 200 personnes au maximum, ce n’est pas tenable mais c’est toujours mieux qu’une fermeture, que des équipes à l’arrêt et qu’un bâtiment vide", admet Jan Staelens, patron du groupe Imagix.

Ce dernier se montre donc positif par rapport aux annonces de ce mardi soir. "Nous venions de vider nos shops et nous nous apprêtions à les renvoyer à nos fournisseurs ou à des bonnes œuvres. Finalement, nous sommes en train de tout réinstaller. C’est un grand soulagement pour nous, d’autant que les vacances de Noël attirent de nombreuses familles et que de très bons films sont à l’affiche."

Ce mercredi matin, quelques clients patientaient déjà devant les portes du complexe montois. "Mais les séances matinales ne seront réorganisées qu’à partir de ce jeudi matin, le temps que nous remettions tout en place." Le soutien du public semble indéniable, tant auprès du groupe Imagix que de la structure publique du Plaza Arthouse Cinema, qui rouvre également ses portes ce mercredi.

"Les équipes étaient très affectées par les dernières annonces du codeco", précise Jean-Paul Deplus, président du Plaza. "Aujourd’hui, tout le monde peut souffler et se remettre au travail. Un nouveau site internet est d’ailleurs lancé ce mercredi." Pour ce dernier, il s’agit d’un sacré désaveu de la classe politique mais aussi d’un signal extrêmement positif. "Un recours a été pris en compte, une marche arrière est amorcée: c’est la preuve de la bonne santé de notre démocratie."

Ce mercredi, l’heure est donc plutôt à la fête, même si le combat du secteur culturel face aux mesures gouvernementales ne s’arrête pas là.