Mons Focus sur ceux qui aspirent à devenir acteurs du Combat.

Ils seront peut-être un jour homme de feuilles ou Chin-chin. En attendant, vous pouvez les voir dans la descente de la rue des Clercs ou à la corde pour évacuer ceux qui tournent de l’œil. Eux, ce sont les sweats bleus jeunes. Ils font partie du folklore depuis la fin des années 90. Leur particularité ? Ils sont candidats acteurs.

Mais un rôle dans le Lumeçon ne se décroche pas en un claquement de doigt. Le casting est encore plus exigeant que dans une grosse production hollywoodienne. De nombreuses conditions doivent en effet être réunies pour prétendre au titre. "Il faut avoir minimum 18 ans, être domicilié à Mons depuis 15 ans et toujours y vivre", rappelle Joëlle Wattier, réalisatrice du Lumeçon. "Il faut en outre être parrainé par quatre personnes, dont un acteur. Les autres appartenant à différents groupes comme le comité de la Procession ou les pompiers. Quand la candidature est complétée, on vient la déposer à mon bureau et je vérifie l’éligibilité du candidat. Si c’est bon, le dossier est versé dans une liste de candidatures."

La réalisatrice du Lumeçon se constitue une liste de réserves dans laquelle elle peut aller puiser selon les places qui se libèrent dans l’arène. "Je vais proposer tel ou tel candidat pour tel ou tel rôle. Je tiens notamment compte du gabarit. Quelqu’un plus costaud sera plutôt proposé comme homme blanc ou homme de feuille. Les plus petits pourront faire le diable", poursuit Joëlle Wattier. "Les candidats proposés sont alors désignés suivant une procédure très cadrée."

Joëlle Wattier dispose ainsi d’une réserve de quelque 40 prétendants. "Tous ne deviendront pas forcément acteurs. Et ceux qui pourraient le devenir doivent parfois attendre une dizaine d’années avant qu’une place se libère", prévient la réalisatrice. En attendant, les aspirants peuvent enfiler le sweat bleu et mettre un pied à l’étrier. "C’est une bonne façon de se mettre dans le bain et de tester leur rapport à la foule qui est une qualité primordiale."

Parmi ces jeunes espoirs, Yannick Van Hemelryck. Il attend son tour depuis près de 10 ans. "J’ai rentré ma candidature en 2010, quand j’avais 19 ans", explique le jeune Montois. "J’ai attendu un an car je voulais voir si c’était possible de combiner le Lumeçon avec mon travail. Je venais aussi de perdre mon papa avec qui j’avais toujours fait le combat à la corde. C’était une façon de lui rendre hommage en m’investissant davantage dans le folklore. Depuis, je porte le sweat bleu. Il y a un vrai contact avec le public. Je retrouve l’ambiance que je connaissais quand je faisais le combat à la corde. Mais j’ai de la chance. Je suis deuxième réserviste chez les hommes blancs. En 2022 normalement, je devrai donc devenir acteur." Tout vient à point à qui sait porter le sweat bleu…