Il y a encore du chemin à faire pour que Mons devienne une ville accessible aux personnes à mobilité réduite. L’an dernier, des citoyens concernés par la problématique ont lancé sur Facebook le groupe “PMR à Mons”. Objectifs : mettre en lumière les difficultés rencontrées par les PMR dans leurs déplacements et sensibiliser les autorités locales afin qu’elles prennent en compte les besoins spécifiques de ces personnes dans les prochains travaux et aménagements.

Ludovic Toussaint, animateur du groupe et engagé depuis des années dans la défense des usagers faibles de la route, tire un bilan mitigé après une année de militantisme pour les PMR. Qui, sur le terrain, sont toujours aussi démunis. “J’ai fait le tour des entrées de ville, place Warocqué, plaine de Nimy, place de Flandre… et aucune ne permet de venir à Mons en toute sécurité. En conclusion, Mons n’est pas du tout une ville accessible. On voudrait une ville inclusive, mais ses accès sont impossibles pour les chaises roulantes.”

Avec des “chaisards”, Ludovic a testé certains endroits, comme le boulevard Dolez."Il y a un seul endroit où un adouci de bordure est censé permettre de passer avec une chaise roulante : au niveau du Mons Memorial Museum, près du char d’assaut. On a testé avec une dame handicapée : elle a mis un quart d’heure pour traverser, a manqué de se renverser et une roulette de sa chaise électrique s’est cassée.” Conséquence de ces difficultés : “si elles sont seules, ces personnes sont cantonnées chez elles et se retrouvent en situation d’isolement social.”

Le tableau n’est néanmoins pas tout noir : depuis l’interpellation du conseil communal par un citoyen à mobilité réduite tirant la sonnette d’alarme, le collectif a multiplié les rencontres avec les élus locaux : “Nous avons été reçus par le bourgmestre, par l’échevin des Travaux Stéphane Bernard, l’échevine de la mobilité Charlotte De Jaer…” Des rencontres empreintes d’écoute et d’une réelle préoccupation dans le chef de certains mandataires.

Du côté des partis de la majorité, PS et Ecolo soulignent qu’un budget de 300 000 € est désormais prévu annuellement pour des aménagements d’accessibilité aux PMR. 13,4 millions € sont inscrits au budget 2022 pour le plan “voiries-trottoirs”. Si on reconnaît qu’il reste du boulot, “les choses sont en train de changer. Les travaux de réfection se multiplient et incluent systématiquement la problématique des PMR, indique Ecolo. Par exemple, les rues Terre du Prince, de la Réunion, de l’Athénée, l’Académie de Musique…”

La majorité affirme vouloir continuer d’avancer en concertation avec les personnes les plus concernées au travers de commissions consultatives. “Citons l’instauration, par le CPAS, du Conseil Consultatif des Personnes à Besoins Spécifiques, lieu de débats entre associations de terrain et acteurs publics afin de mener des travaux avec des aménagements entièrement conformes aux besoins des personnes porteuses d’un handicap”, conclut le PS. La majorité pourra compter sur Ludovic Toussaint pour veiller au grain et mettre le doigt où ça dysfonctionne. Pour l’instant, deux mains ne suffisent pas.