La décision est tombée mercredi soir, le gouvernement wallon donne son feu vert au projet de centrale géothermique dans le parc des Ursulines à Mons.

L’intercommunale IDEA prévoit de forer deux puits de 2500m de profondeur et d’installer une centrale géothermique pour alimenter en énergie l’hôpital Ambroise-Paré situé à proximité. Mais le projet ne ravit pas tout le monde. Si le permis a été octroyé, des riverains ont introduit un recours pour faire capoter le projet. Ils estiment que le site, en centre-ville et à proximité d’une école et de nombreuses habitations, n’est pas du tout approprié. Ils redoutent par ailleurs les nuisances que va occasionner le vaste chantier qui devrait s’étaler sur deux ans.

Mais le gouvernement wallon a confirmé la décision de l’administration qui a octroyé le permis en déboutant le permis introduit par les riverains. "Ce permis a été accordé sous conditions : notamment la prise en compte des recommandations de l’étude d’incidences sur l’environnement, la protection des eaux souterraines et la mise en place d’un comité d’accompagnement avec les riverains. L’ensemble des arguments du recours ont été examinés", indique la ministre de l’Environnement, Céline Tellier. La tutelle estime que toutes les précautions ont été prises pour limiter les nuisances du chantier.

"Vu l’implantation du projet au cœur du centre-ville, une attention particulière a été portée sur l’intégration harmonieuse du projet géothermique dans son contexte urbanistique", ajoute Willy Borsus, ministre de l’Aménagement du Territoire. "Ainsi, le projet prévoit la réalisation d’infrastructures sportives - notamment - sur la dalle des puits géothermiques, et l’emprise du bâtiment principal de la centrale a été réduite tant par le caractère semi enterré du projet que par les matériaux de parement utilisés. C’est une belle alliance entre urbanisme et production énergétique !"

Pour rappel, le timing est serré dans ce dossier financé à 80 % par des subsides européens. Toutes les dépenses doivent être engagées avant le 31 décembre 2013. Un avis négatif du gouvernement wallon aurait sans doute sérieusement compromis le projet. Mais l’exécutif semble bel et bien séduit par cette centrale.

"La géothermie est une source d’approvisionnement en énergie ayant pour avantage de réduire les émissions de gaz à effets de serre et ainsi participer aux objectifs du Plan Wallon Energie Climat 2030. Il s’agit de produire 14,2 TWh de chaleur renouvelable, que ce soit par la biomasse, la cogénération, le solaire thermique, les pompes à chaleur et la géothermie. Ce projet montre que la Wallonie avance pour concrétiser ses objectifs climatiques ambitieux", conclut Philippe Henry, ministre de l’Énergie.