Tout calendrier qui touche de près ou de loin à la gare de Mons serait-il frappé d'une malédiction? La question est légitime alors que des retards sont annoncés pour les chantiers des places Léopold et des Congrès, à l'avant et à l'arrière du futur temple ferroviaire. Des chantiers qui n'ont même pas encore commencé…

L'affaire pourrait prêter à sourire tant le dossier de la gare a pris les tournures d'une farce. Mais elle inquiète le conseiller Florent Dufrane (MEM). En effet, le budget de 16 millions d'euros pour les deux places est subventionné à 90% par des fonds européens. Or, ces précieuses subventions passeraient à la trappe pour toute dépense engagée après le 31 décembre 2023. Et le timing des travaux est serré.

"Les adaptations du chantier contraignent la SNCB a retardé les échéances qui avaient été approuvées en juin 2020", soulève Florent Dufrane. "Selon le planning actualisé, le début des travaux est prévu en juin 2021 et la fin en juin 2023. Les délais vont-ils pouvoir être tenus? Y a-t-il un plan B si le chantier dépasse la date fatidique du 31 décembre 2023?"

"Les retards s'expliquent par des remarques de l'administration fonctionnelle sur le cahier des charges", indique l'échevine Catherine Marneffe. "Pour rappel, la SNCB est l'adjudicataire du marché public, et Eurogare est le maitre d'ouvrage. La plupart des remarques ont été intégrées et ont entraîné des modifications dans le cahier spécial des charges. Le marché public comporte deux tranches. La première porte sur l'aménagement de la place des Congrès, à l'arrière de la gare. Et selon le planning modifié, le chantier débutera en juin 2021 et se terminera en juillet 2022. Il n'y a pas de risque juridique pour ce dossier. Quand ces travaux seront terminés, nous devrons alors nous prononcer sur la deuxième partie du marché, à savoir la tranche conditionnelle, qui porte sur l'aménagement de la place Léopold, à l'avant de la gare. À ce moment-là, il s'agira de définir s'il y a un risque à prendre."

Le bourgmestre explique prendre toutes les précautions nécessaires. "Évidemment, on suit ce dossier avec la plus grande attention. Nous avons encore trois ans pour réaliser les travaux au niveau des deux places, ça reste un délai substantiel. Néanmoins, nous prendrons les devants pour pouvoir réaffecter les subsides à d'autres fins si les travaux d'une des deux places devaient rencontrer des problèmes. Mais il est un peu tôt pour faire le procès de la SNCB qui nous dit pouvoir tenir le timing. Par ailleurs, si dans le pire des cas, la réception de dépenses devait dépasser la date du 31 décembre, toutes celles qui auraient été effectuées avant seraient éligibles aux subsides. Ce n'est pas tout ou rien", indique Nicolas Martin. Et le bourgmestre d'ajouter que plusieurs États membres ont demandé à la Commission européenne des délais supplémentaires pour les fonds FEDER en raison de retards liés à la pandémie.