Un Codeco précipité ce vendredi. Le troisième en trois semaines. Et pour cause, les experts tirent la sonnette d'alarme. La saturation des hôpitaux pourrait être atteinte d'ici une bonne dizaine de jours si des mesures fortes ne sont pas prises.

Au CHU Ambroise-Paré à Mons, 13 des 14 lits de soins intensifs sont occupés pour le moment. Parmi eux, 4 patients covid. À l'hôpital Saint-Joseph, ils sont quatre également sur la dizaine de lits que comptent les soins intensifs. Dans les autres établissements du groupe Jolimont, le taux d'occupation de patients covid en soins intensifs tourne également autour de la moitié.

Les hôpitaux montois peuvent pour le moment se réjouir de ne pas connaitre le même sort que d'autres en Flandre ou à Bruxelles où les patients covid sont beaucoup plus nombreux en soins intensifs. Mais la situation est préoccupante malgré tout. "Nous avons tout de même 13 lits occupés sur 14 en soins intensifs. Nous sommes donc obligés d'adapter le programme opératoire", explique France Brohée, porte-parole du CHU Ambroise-Paré. "Nous devons ainsi reporter des opérations dont un risque de complication nécessiterait de placer le patient en soins intensifs."

Les experts tirent la sonnette d'alarme alors que l’on comptait ce jeudi 800 lits occupés en soins intensifs dans tout le pays. Il y a un peu plus d'un an, on comptait jusqu'à 1302 patients en soins intensifs. Avec cette quatrième vague, la saturation des hôpitaux se profile plus rapidement. La grande différence, nous explique-t-on dans les deux hôpitaux montois, c'est le personnel. Il y en a qui ne se sont pas remis des vagues précédentes, qui sont en burn-out, qui sont retombés malades ou qui sont en quarantaine… Le tout fait un cocktail détonnant pour les capacités des hôpitaux. À Ambroise-Paré par exemple, une unité covid est fermée, tout simplement par manque de personnel.

"On sent une grande lassitude des citoyens en général, mais pour le personnel soignant, c'est encore pire", explique la porte-parole d'Ambroise-Paré. "Ce sont des acteurs de première ligne qui subissent les différentes vagues de plein fouet. Ça demande à chaque fois toute une organisation pour s'adapter de manière continue, déplacer des unités, encadrer des mouvements de personnel. Et il y a cette sensation de stagner, l'impression qu'on fait trois pas en avant puis cinq en arrière tous les deux mois. C'est épuisant pour le personnel."

Ça ne résoudra certainement pas tout, mais une partie du problème: l'administration des troisièmes doses est en cours dans les hôpitaux Jolimont. Elle est même terminée à Ambroise-Paré. "Certains membres du personnel étaient absents parce qu'ils étaient à nouveau tombés malades. Il faut dire que le personnel soignant faisait partie des premiers vaccinés l'hiver dernier. Or on sait que la couverture immunitaire a tendance à diminuer. Nous avons donc lancé les troisièmes doses fin novembre. L'administration est terminée depuis mercredi."

Voilà qui renforcera l'immunité du personnel soignant. En espérant que le renforcement du système des soins de santé suive. C'était l'une des grandes revendications du personnel cet été, entre deux vagues…