Peuvent nettement mieux faire. C'est l'enseignement que tireront la Région wallonne et la grande majorité des communes du baromètre cyclable wallon 2021, publié par le Gracq. En novembre dernier, le groupe représentant les usagers cyclistes de Belgique francophone a sondé les cyclistes sur les politiques cyclables communales via un questionnaires en ligne et a collecté 13 500 réponses.

Dans ce baromètre, le Gracq établit un classement des communes de la plus favorable à la plus défavorable. Et le constat est très sévère: deux communes seulement sont considérées comme "plutôt favorables" au vélo, tandis que 98 autres sont jugées "moyennement favorables" à "très défavorables". Dans la catégorie des villes de plus de 50 000 habitants, Mons se classe troisième, derrière Namur et Tournai. Cela peut sembler honorable, mais la barre n'était pas mise très haut et son score global place la cité du Doudou dans les communes "plutôt défavorables." "Ces trois cités mènent une réelle politique vélo depuis un certain temps, même si la note  finale ne fait pas vraiment apparaître de conviction flagrante chez les cyclistes qui y vivent", remarque le Gracq.

"On est content d'être troisième des grandes villes wallonnes, même si on voit qu'il y a encore beaucoup de chemin à faire, réagit l'échevine de la Mobilité Charlotte De Jaer. Mais quand on analyse plus finement les résultats, on se rend compte que les villes où Ecolo est entré en majorité depuis pas mal d'années, comme Ottignies-Louvain-la-Neuve et Namur, ont vraiment des meilleurs scores. On voit aussi que les villes dans lesquelles on est entré en majorité depuis 2018 commencent à monter dans le classement, ce qui montre que les seuls qui mènent une politique cyclable cohérente partout en Wallonie sont les Ecolos."

"Ça me booste pour la suite."

Si l'échevine se rend compte "qu'il y a beaucoup de boulot à faire", elle ne doute pas que Mons gravira les échelons prochainement en matière de cyclabilité. "On a la chance de s'inscrire dans le projet Wallonie Cyclable, ce dont Mons n'avait pas encore bénéficié. Des investissements vont arriver et Mons va s'améliorer dans ce baromètre, même s'il reste pas mal de chemin, comme je peux moi-même le constater au quotidien. Mais ce résultat me booste pour la suite."

Si le baromètre du Gracq est une indication, la Ville entend se baser aussi sur d'autres études pour évaluer sa politique cyclable. "On s'est engagé à faire un audit tous les quatre ans de notre politique cyclable. Cet audit est en cours de réalisation avec un bureau externe qui nous évalue sur toute une série de critères. On l'aura début juin et il nous permettra de voir nos pistes d'améliorations, nos points noirs en matière d'infrastructures. On a aussi remis en place un comptage de cyclistes deux fois par an, qui permettra d'évaluer l'utilisation des aménagements que nous créons."

Si Mons a encore du chemin à parcourir avant d'être une ville sûre pour les deux-roues, elle peut néanmoins se targuer de faire mieux que La Louvière ou Liège, qui avaient bénéficié de la première vague de subsides Wallonie Cyclable. Et qui semblent ne pas les avoir utilisés à bon escient, suivant le ressenti des cyclistes de ces villes.