La Ville intensifie la lutte contre ce type de pollution. Des contrevenants ont été pincés et l'amende est salée.

Au Moyen-Âge, il était convenu de jeter ses détritus dans la rue. La peste et le choléra étaient par ailleurs monnaie courante à l'époque. Il a depuis coulé de l'eau sous les ponts. Aujourd'hui, les Montois peuvent compter sur la collecte d'HYGEA et les recyparcs pour se débarrasser de leurs déchets. Malgré tout, certains gardent de vieilles et mauvaises habitudes et continuent à se délester de leurs détritus dans la nature.

La Ville de Mons a décidé d'intensifier sa lutte contre ces dépôts sauvages. "Nous avons augmenté le nombre de policiers au sein de notre cellule incivilité", indique l'échevine Charlotte De Jaer. "Cette cellule mixte compte aujourd'hui 4 policiers et 7 agents communaux. Ils mènent des actions dans le centre-ville tous les jours, à Cuesmes et Jemappes une fois par semaine et partout dans le Grand Mons dès qu'on les appelle. Quand des citoyens nous signalent un dépôt sauvage, ça peut ainsi prendre quelques jours avant l'intervention. Pas parce que l'appel s'est perdu, mais parce que c'est intégré dans le planning de la cellule qui va enquêter pour tenter de retrouver les contrevenants."

Et la pêche aux pollueurs peut être fructueuse. "Nous avons pu retrouver l'auteur de deux dépôts sauvages à Ghlin et à Cuesmes grâce au travail de la cellule qui a fouillé les sacs", poursuit Charlotte De Jaer. "L'amende est fixée en fonction du tonnage de déchets. Dans ce cas-ci, elle monte à 500 euros pour le premier dépôt et 400 pour le second. Il faut encore facturer le travail du Service Propreté qui a nettoyé les lieux, soit 411 euros. Ce qui correspond au travail de 2 ouvriers durant 3h, le kilométrage lors du déplacement du camion et le dépôt au parc à containers."

C'est donc un total de 1311 euros pour cette personne qui a confondu les sentiers verdoyants de la Cité du Doudou avec un parc à containers. "Nous avons aussi pu retrouver dernièrement l'auteur d'un dépôt sauvage à Cuesmes. L'équivalent de 21 sacs poubelle était éparpillé. L'amende a été fixée à 500 euros auxquels il a fallu ajouter 185 euros pour les frais de nettoyage."

L'échevine ne compte pas lâcher du lest dans son combat contre ces incivilités. "Nous installerons bientôt des panneaux d'information aux endroits où nos équipes ont nettoyé des dépôts sauvages. On y indiquera notamment ce que ça coûte à la collectivité pour sensibiliser les gens. Enfin, notre caméra mobile devrait arriver dans les prochaines semaines. Nous la ferons tourner aux endroits où il y a régulièrement des dépôts." Voilà qui devrait permettre encore de belles prises pour la cellule.

© D.R.